B. — AMOUR
I, — Éléments : l*' Préjérence : choisir, c'est préférer un être aux autres.
2° Dévouement : se dévouer, c'est se donner soi-même à l'être aimé.
3° Union : il doit y avoir réciprocité de choix et de dévouement : l'amour appelle l'amour. Il résulte de cette réciprocité la fusion de deux êtres dans les mêmes sentiments, désirs, pensées et vouloirs, c'est-à-dire l'union.
II. — Espèces : 1° Amour idéal ou platonique : l'enthousiasme produit par la beauté physique et corporelle n'est qu'un échelon pour s'élever à la beauté éternelle et absolue, en passant par les degrés intermédiaires. Cette théorie de Platon explique bien le caractère d'adoration qui se mêle à l'amour, mais elle ne tient pas compte de son caractère électif.
2° Amour sensuel et physiologique : c'est l'instinct de l'espèce. Cette opinion de Schopenhauer méconnaît le caractère électif de l'amour et sacrifie l'élément intellectuel à l'élément sensible.
3" Amour rationnel, réglé par la raison. — L'instinct physique est grossier et trop vil, l'attrait sensible pour la beauté réelle ou imaginaire est trop capricieux pour produire autre chose qu'une passion éphémère et décevante. Le véritable amour met par-dessus tout les quahtés intellectuelles et morales, la beauté de l'âme. C'est là ce qui le rend capable de trouver de la joie dans les sacrifices qu'il s'impose pour l'être aimé, de supporter les froissements inévitables et de survivre aux charmes extérieurs si vite évanouis. C'est la doctrine exposée par Pascal dans le Discours sur les passions de Vamour, qu'on lui attribue généralement.