INCLINATIONS CORPORATIVES : PATRIOTISME
l'hommo, — et Vhumanité qui est trop i>aste pour inspirer des sentiments très profonds. La patrie, c'est le pays de nos pères {^).
I. — Conditions ou éléments constitutifs : on peut les ramener à deux : un corps et une âme :
A) Le territoire national constitue le corps de la nation. Mais la patrie ne consiste pas seulement dans un lambeau de terre ; celui-ci peut être agrandi ou mutilé par les traités : la patrie existe encore.
B) Une âme commune : la patrie est une société, une famille, une personne morale ; do même que la personne proprement dite n'existe pas sans Vunité fondamentale de ses facultés, ainsi la patrie a pour condition indispensable l'accord des individus qui la composent : la communauté de souvenirs, de sentiments, de pensées et de volontés, voilà ce qui fait l'âme de la patrie. II faut d'abord un legs de souvenirs glorieux, un passé de luttes, d'efforts et de sacrifices pour la défense de l'intégrité du territoire. ■ — Il faut ensuite l'amour de cet héritage de gloire : « Le respect du passé n'est-il pas la piété filiale des nations ? » (Duc de Broglie). — Il faut enfin la volonté de sauvegarder et de faire valoir cet héritage. La patrie, c'est donc avant tout une communauté d'idéal connu, aimé, poiu-suivi ; c'est une grande solidarité établie par des affections, des idées et une volonté communes : tel est le vrai principe de Vunité nationale.
II. — Éléments de l'unité nationale : tout ce qui peut renforcer cette solidarité fortifie par là même la patrie : c'est pourquoi l'unité de race^ de langue, de religion^ de mœurs, de lois, de gouvernement, contribue à faire l'unité de la patrie ; chacune de ces conditions concourt à ce but, mais aucune n'est suffisante :
a) Race : il y a en Suisse, en Allemagne, en Italie et en France des races distinctes. — En revanche, les colonies espagnoles de l'Amérique du Sud, malgré l'unité de race, ont formé des nationalités séparées.
b) Langue : on parle plusieurs langues en Suisse, le français en Belgique. — Il y a des Bretons qui ne comprennent pas le français.
c) Religion : la plupart des nations sont divisées au point de vue des croyances rehgieuses. C'est une source de faiblesse et un commencement de dissolution. Cependant ces nations subsistent encore.
d) 3Iœurs, intérêts : il y a bien peu de pays sans quelques provinces dont les mœurs et les intérêts ne soient pas différents.
e) Lois et gouvernements : sans cette unité, l'action commune serait impossible, faute de centrahsation ; mais faut-il encore que les lois et le gouvernement soient acceptés. De plus, les autres hens sociaux sont
C) « C'est la cendre des morts qui créa la patrie • (Lamartine).