‹ Traité de philosophieChapitre 12 sur 921 · CHAPITRE PRELIMINAIRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRELIMINAIRE XXXI

C'est également la pensée de Leibniz qui écrit : « Je soutiens aussi que les substances (matérielles ou immatérielles) ne sauroient estre conçues dans leur essence nue sans aucune activité, que l'activité est de l'essence de la substance en général (^). »

L'activité de l'être, tel est le principe directeur de l'ouvrage que nous offrons au public.

On divise ordinairement la Philosophie en Sciences psychologiques et en Sciences métaphysiques.

Les Sciences psychologiques servent de vestibule à la Philosophie strictement dite qui est la Métaphysique. Or, dans l'une comme dans l'autre de ces deux grandes subdivisions, tout se ramène à l'être et à l'activité.

En Psychologie, nous considérons successivement l'activité sensible, l'activité intellectuelle et l'activité volontaire. La Logique trace à l'activité de l'intelligence les règles à suivre pour atteindre le vrai ; la Morale trace à l'activité de la volonté les règles à suivre pour pratiquer le bien ; l'Esthétique trace à l'activité de l'imagination créatrice les règles à sui^e pour réaliser le beau.

La Métaphysique générale, qui est la science des premiers principes, traite de l'être envisagé d'une façon abstraite. La Métaphysique spéciale, qui a pour objet la nature intime des êtres et principes réels, étudie la matière, principe des phénomènes corporels ; l'âme, principe des phénomènes psychologiques ; Dieu, Principe des principes et Cause des causes.

Ce Traité s'inspire du réalisme d'ARisTOTE, de Saint Thomas et des ScoLASTiQUEs. C'est dire qu'il présente aux lecteurs une Philosophie de l'être et non du devenir {^).

Sans parler de la mise à jour de la Bibliographie, et de nombreuses rectifications de détail, surtout dans les références, il convient de signaler, dans la cinquième édition, les principales additions ou modifications qui ont porté sur les points suivants : Chapitre préliminaire — en Psychologie : Détermination des Facultés, S B. — Assimilation vitale.

— Théorie intuitionniste de Bergson. — en Logique : les Idées. — L'algèbre de la Logique.

— Les Géométries non-euclidiennes. — Logique affective. — • l^'lllative Sensé de Newman.

— Le Pragmatisme. — en Morale : le Probabilisme. — Morale dite scientifique. — Morale sociologique. — • Fondement de l'obligation : opinion de Vazquez. — Le péché philosophique.

{') Leibniz, Nouccaux Essais sur Ventendmnent humain, Préface. Œuvres, Édit. Gerhardt, t. V, p. 58. Berlin, 1882. — Édit. Janet, t. I, p. 31. Paris, 1900=.

(=) « De tout temps... l'Allemagne a été hantée par l'idée de l'absolu, du tout, de l'universel... Ses penseurs, un Lessing, un Kant, un Fichte, un Hegel, un Goethe en ont donné la définition. Tandis que la sagesse classique place la fin suprême de toute activité dans le parfait conçu comme une forme, achevée et fixe, de l'exisience, la pensée allemande met au fond des choses un absolu conçu comme un éternel devenir... » (Ém. Boutroux, L'Allemagne el la guerre. Troisième Lettre. Les Forces morales, dans JlEVUE DES Deux Mondes, 1917, T. III, p. 526).

Page 1