IRRÉDUCTIBILITÉ DES INCLINATIONS
L'homme s'aime naturellement lui-même : de là les incHnations personnelles. On doit aussi reconnaître en lui l'existence d'inclinations d'une nature différente qui le détachent de lui-même pour le porter vers les autres (ce sont les inchnations sociales) ou vers des objets d'un ordre transcendant, idéal (ce sont les inclinations supérieures). Ces inchnations coexistent avec les premières et ne leur sont pas réductibles. Elles sont naturelles et primitives comme les inclinations personnelles ; elles sont, de plus, désintéressées.
On a fait à cette doctrine une triple opposition :
\P La Rochefoucauld nie l'existence de toute affection désintéressée.
2° L'École Anglaise reconnaît l'existence actuelle d'inchnations altruistes et supérieures, mais prétend qu'elles ne sont qu'une transformation de l'égoïsme ; elles ne sont donc pas primitives, irréductibles à l'amour de soi.
3° E. Rabier range dans une classe disiSncte les inchnations altruistes, mais il rapporte les inchnations supérieures à l'amour de soi.