A — CAUSES INTÉRIEURES
I. — Prédisposition de notre nature : les passions, n'étant que des modes de l'inclination, ont leur première origine dans notre nature. Chacun de nous a, en soi, le germe de toutes les passions ; mais il n'est pas rare que l'enfant apporte en naissant certaines tendances plus accentuées, qui ne demandent qu'à prédominer, à devenir passion. Ces tendances, plus accusées, sont souvent le fruit de l'hérédité, un fait d'atavisme, parce qu'il existe entre nous et nos ascendants une solidarité profonde. Elles sommeillent quelquefois pendant une ou deux générations pour s'éveiller ensuite brusquement.
II. — Volonté : son action n'est pas immédiate et directe ; mais elle a une influence indirecte, car elle est maîtresse :
a) De l'attention : elle peut détourner l'esprit sur des objets étrangers à la passion ou le laisser se concentrer sur l'objet de la passion : vg. désir de vengeance : penser sans cesse à la cause (vg. injure) qui l'excite en nous. Dans ce cas, la volonté concourt au développement de la passion par consentement : elle s'abstient, laisse faire au heu d'intervenir et d'empêcher. Elle permet à la passion de se satisfaire idéalement en ne la détournant pas de la contemplation de son objet.
b) De l'action : si elle autorise l'assouvissement de la passion, elle concourt à son développement par complicité, car elle se fait l'auxiliaire
(M » Le plaisir ne saurait tenir lieu du bien ;... il est vide, il ne peut alimenter ni le corps ni l'âme... Le plaisir est au bien ce que le parfum est aux fruits : quelque chose qui plaît, mais ne nourrit point. » (E. Rabier, Psychologie, Ch. xxxvi, p. 504).