‹ Traité de philosophieChapitre 157 sur 921 · La volonté acquiert un élan extraordinaire · texte numérisé non relu

La volonté acquiert un élan extraordinaire

3. La sensibilité passe par des émotions vives, qui donnent à la vie humaine du charme et de l'intérêt. La passion étant une force d'impulsion impétueuse devient, si elle est bien dirigée, la source des nobles actions, des belles découvertes, des dévouements héroïques : « Rien de grand ne se fait sans la passion » (Pascal). L'homme sans passion est inerte, indifférent.

B) Mauvais effets : 1. Elle aveugle l'intelligence : «L'esprit est toujours la dupe du cœur » (La Rochefoucauld). Exaltant l'imagination au détriment du jugement, elle empêche l'esprit de prêter une attention suffisante aux objets, rend difficile, parfois même impossible, la réflexion : de là l'erreur dans les appréciations.

2. Elle finit par dominer la volonté qui, de force dirigeante qu'elle doit être, devient force asservie.

3. La passion étant exclusive, l'homme passionné devient indifférent pour tout ce qui n'est pas l'objet de sa passion : vg. l'avare. Le cœur devient sec et froid pour tout le reste.

4. Inconvénients des émotions trop fortes et trop fréquentes : excitabilité du système nerveux, ébranlement de l'organisme, mobilité d'impressions. — L'existence de ces bons et de ces mauvais effets explique la diversité des jugements portés sur la valeur morale des passions.

(M BossuET, De la connaissance de Dieu et de soi-même, Ch. m, § 19. {•) H. Marion, De la solidarité morale, î= Partie.

Page 1