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RESPONSABILITÉ DANS LA PASSION

I. — On est responsable de la naissance et des progrès des passions et par conséquent des actes commis sous leur impulsion, parce qu'on pouvait empêcher soit le développement des inclinations mauvaises, soit le dérèglement des bonnes. C'est que la passion ne naît, grandit, progresse qu'avec le concours et la complicité de la volonté.

II. — Si la passion est violente au point d'aveugler l'intelligence et d'enlever la Hberté, on n'est pas directement coupable de l'acte commis alors, puisque, par hypothèse, la volonté réfléchie a fait défaut, mais indirectement, car on a posé librement la cause de cet acte, en laissant la passion acquérir un empire tyrannique.

III. — Cependant la passion peut être une circonstance atténuante, surtout juridiquement, parce que d'ordinaire on n'en a pas prévu ni voulu toutes les conséquences désastreuses. Mais de là à innocenter certains crimes, comme le font trop de romanciers ou de dramaturges, sous prétexte qu'ils ont été inspirés par la passion, il y a loin : est-ce que tous les crimes ne sont pas à quelque degré passionnels ?

(•) Si l'on veut étudier l'emploi des passions au point de vue littéraire, Cf. G. Longhaye Théorie des Belles- Lettres, L. Il, Ch. viii. — Saint-Marc Girardin, Coûts' de littérature dramatique ou de l'usage des passions dans le drame.

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