‹ Traité de philosophieChapitre 166 sur 921 · CLASSIFICATION MODERNE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION MODERNE

On les classe, comme les inclinations dont elles sont le développement extraordinaire, en passions :

I. — Personnelles : A) Physiques : elles naissent de la prédominance de certains appétits et se rapportent au corps (39) : vg. la gourmandise, l'ivrognerie proviennent du besoin exagéré de manger et de boire.

B) Morales : elles naissent de l'exaltation de certains penchants (40) et se rapportent à l'âme : vg. l'amour de soi dégénère en égoïsme et orgueil, l'amour de l'indépendance en insubordination, l'amour du pouvoir en tyrannie, l'amour de l'argent en avarice, le besoin d'émotions en recherche des spectacles sanglants, etc.. (41, IV).

II. — Sociales ou altruistes : A) Les affections domestiques sous toutes leurs formes : paternelle, maternelle, conjugale, fraternelle (44), peuvent devenir excessives ; — Yamitié (43) peut dégénérer en exclusivisme jaloux ; — V esprit de corps en esprit de caste et de parti ; le chauvi nisme est l'exagération de V amour de la patrie, comme le cosmopolitisme de Vamour de Vhumanité (45). — Les inclinations malveillantes donnent naturellement naissance à des passions mauvaises : vg. l'envie, la jalousie, la vengeance (47).

B) Mais les inclinations sociales bienveillantes peuvent se changer en passions bonnes : vg. dévouement de la mère, de l'ami, du soldat, etc., poussé jusqu'à l'héroïsme.

m. ^ — Supérieures : de leurs formes passionnelles :

A) Les unes sont excellentes : vg. passion du savant, de l'artiste, de l'homme de bien, du missionnaire.

B) Les autres sont condamnables : vg. l'amour du vrai peut devenir la passion de l'utopie ; — l'amour du bien, un faux zèle ; — l'amour du beau, de l'engouement ; — le sentiment religieux, du fanatisme.

Remarques : 1° Toutes les inchnations, on le voit, même les inclinations sociales bienveillantes, sont susceptibles d'exagération ; mais ce sont les passions personnelles qui réalisent le mieux le type de la passion déréglée, car les inchnations personnelles dont elles dérivent peuvent devenir plus complètement des inclinations perverties, déviées de leur véritable fin, en s'attachant à la poursuite du plaisir, à l'exclusion du bien vers lequel elles doivent tendre.

2o La moralité, proprement dite, n'apparaît qu'avec l'intervention de la liberté ; les passions qui nous portent au mal ne sont formellement mauvaises que si la volonté les accepte et les ratifie ; tant qu'il n'y a pas consentement, leurs tendances ne sont mauvaises que matériellement. Cf. cependant la remarque du § 60, 11.

3^ Le mot cœur désigne l'ensemble des facultés affectives et des sentiments moraux, par opposition au mot esprit, qui désigne l'ensemble

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