‹ Traité de philosophieChapitre 187 sur 921 · IDÉES DUES A LA CONSCIENCE RÉFLÉCHIE · texte numérisé non relu

IDÉES DUES A LA CONSCIENCE RÉFLÉCHIE

epose sur une confusion : la connaissance d'un objet ne suppose nul- 3ment la conscience de cet objet en lui-même^ mais seulement la conscience le la connaissance présente de cet objet. La conscience est personnelle 68, III) ; elle ne peut sortir d'elle-même ; donc nous n'avons conscience i :

A) De notre corps, quoi qu'en dise Maine de Biran : nous ne pouvons las plus percevoir directement notre corps que les corps étrangers, j'âme ne peut sortir de sa propre conscience pour s'identifier avec les rganes. Elle ne connaît son corps que par l'intermédiaire des sensations nternes : musculaires et vitales. Le moi a la sensation d'une étendue ésistante, qui le circonscrit et l'accompagne partout. Nous n'avons ionc pas conscience de notre corps, mais nous avons conscience d'être mis à un corps : c'est pourquoi chacun de nous peut dire : Mon corps (}).

B) Du monde extérieur, quoi qu'en disent les Écossais : nous avons implement conscience des sensations qu'il produit en nous et qui [eviennent pour nous les signes de son existence et de ses qualités. )i nous avions conscience des objets extérieurs, nous sentirions ce qui e passe en eux, comme nous sentons ce qui se passe en nous-mêmes ; lous pourrions dire : « Je sens cette pierre tomber », comme nous disons :

J'éprouve tel sentiment ». Nous devons dire au contraire : « J'ai onscience de voir tomber cette pierre ». C'est que l'objet de la perception st dans la conscience en tant que connu et non en réalité.

C) De l'infini, de l'absolu, de Dieu : sans doute, Dieu est présent l'âme comme il est présent partout. Mais pour en avoir conscience il

audrait que nous fussions l'infini, l'absolu, Dieu. Nous avons seulement onscience de Vidée d'infini, d'absolu, de Dieu.

D) Des phénomènes physiologiques : parce qu'ils se passent dans e corps ; mais nous avons conscience des sensations qu'ils nous procurent. 'es sensations sont des équivalents psychologiques des états de nos •rganes, mais elles ne nous font pas percevoir ces organes, qui, le plus ouvent, nous sont inconnus.

E) Du passé, ni de l'avenir : car nous n'avons conscience que de ce [ui est actuellement présent dans notre âme.

Conclusion : les limites de la conscience sont les limites mêmes du noi.

Page 1