‹ Traité de philosophieChapitre 217 sur 921 · HALLUCINATION VRAIE : HUME, S. MILL · texte numérisé non relu

HALLUCINATION VRAIE : HUME, S. MILL

extérieurs. C'est une constatation, non une explication. Pourquoi et comment se fait cette objectivation ? Pour Reid, c'est une « loi de notre nature », une « sorte de magie naturelle » ; — pour D. Stewart, c'est une manière « d'inspiration»; — pour Royer-Collard, qui s'est rallié à cette doctrine, c'est « une espèce d'enchantement ». Toutes ces réponses ne sont que de grands mots vagues,

II. — Cette théorie suppose la doctrine de Vinnéité appliquée à l'idée du monde extérieur. Or on ne doit recourir à l'innéité qu'à la dernière extrémité, car « c'est la mort de l'analyse » (M. de Biran).

III. — Il est curieux de noter que Reid, qui avait fait de la réfutation de la théorie de la perception médiate (qu'il appelle la théorie des idées-images) (^), le grand objectif de ses travaux, n'est pas vraiment intuitionniste. Il admet, en effet, un intermédiaire : la sensation. « Par une loi de notre nature, la conception et la croyance suivent constamment et immédiatement la sensation. » Reid peut appeler immédiate cette conception ou suggestion, en ce sens que, d'après lui, elle n'est pas le résultat d'un raisonnement. Mais, dans son système, d'après ses termes mêmes, la perception du monde extérieur reste indirecte et médiate, puisqu'elle n'a lieu que par le moyen et à la suite de la sensation.

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