n. HALLUCINATION VRAIE
Cette théorie de V illusion ou de V hallucination vraie est soutenue par D. Hume (2), Stuart Mill (^), Taine (*), Rabier. C'est une interprétation empirique des sensations au moyen de Vhabitude et de ïassociation.
A) Exposé : toute sensation tend à s'objectiver, à s'extérioriser ; elle s'objective en effet si elle n'est pas réduite à l'état d'image par des sensations concurrentes plus fortes qu'elle. Or l'hallucination c'est l'objectivation d'un état purement interne. Toute sensation est donc hallucinatoire, puisque, àl'état intérieur qu'elle est, elle tend à s'affirmer comme extérieure.
(') C'est à tort d'ailleurs que Reid appelle ainsi la théorie de la perception médiate et qu'il l'attribue en bloc à tous les philosophes qui l'ont précédé, car, parmi eux, tous n'admettent pas, comme intermédiaires, des idées ou sensations qui soient des images de la réalité extérieure. Cf. Rabier, Psychologie, ch. xxxi, p. 414, note 3. Le docte auteur commet lui-même une erreur en exposant le système scolastique, car il ne distingue pas l'espèce sensible de l'espèce intelligible (Cf. E. Blanc, Traité de philosophie scolastique, T. II, n. 816, 935 ; — Farges, Op. cit., Il P., § 2).
(•) Recherches sur l'entendement humain, Sect. V, XII.
(') La philosophie de Hamilton, Chap. X, XI, XII.
(*) De Vintelligence, P. II, L. Il, Chap. i. Cf. Ja.mes, Principles of Psychology, C 19.