‹ Traité de philosophieChapitre 222 sur 921 · CARACTERES DE LA PERCEPTION EXTERNE · texte numérisé non relu

CARACTERES DE LA PERCEPTION EXTERNE

La perception externe est (^) : I. — Médiate : ce n'est donc pas une perception proprement dite, mais une conception : d'après l'existence et la nature de nos sensations, nous concevons l'existence et les qualités des objets extérieurs. Nous disons : vg. cet objet est lumineux, sonore, sapide, etc., or la lumière, le son, la saveur sont des sensations, dont la cause existe dans les objets extérieurs, mais qui elles-mêmes n'existent que dans l'âme {^).

(*) L. Robert, De la certitude et des formes récentes du scepticisme, deuxième partie, cliap. I.

(*) « Le principe de l'unité des forces physiques et la théorie cinétique permettent de confondre, sous les diverses formes de l'activité mécanique, tous les phénomènes objectifs. On a donc affirmé que toutes les stimulations fournies aux organes sensoriels étaient essentiellement identiques et, pour ainsi parler, homogènes entre elles. Lorsqu'on parle de la chaleur, de l'électricité, de la lumière, du son, comme d'autant d'agents divers susceptibles d'agir en tant que stimulants du système nerveux, on emploie donc un langage conventionnel, s'il est vrai que le monde objectif soit la proie de la mécanique, et que tout n'y soit que mouvement. La chaleur, l'électricité, la lumière, le son, les actions chimiques, étant supposés être des modes vibratoires particuliers, sont essentiellement identiques. Ces vibrations ne se distinguent évidemment entre elles que dans la mesure dans laquelle des mouvements peuvent se distinguer, c'est-à-dire par la masse, la vitesse et la forme des trajectoires. Ces différences n'établissent pas entre ce que nous appelons les agents physiques une distinction de nature ou une diversité spécifique, mais seulement des différences quantitatives. Ce n'est que dans notre for intérieur, par la perception, qu'ils deviennent dissemblables et spécifiquement distincts. L'hétérogénéité est donc le fait de la perception, le résultat de l'intervention de la conscience... Le même agent physique provoque dans le sensorium des réactions dont la nature dépend de l'organe qui l'a recueillie et du point de l'écorce cérébrale où vient aboutir l'excitation. « Les divers organes des sens, soumis à un même agent physique, l'électricité, lui répondent de manière différente, la langue par des saveurs, le nez par des odeurs, la peau par des sensations de picotement, l'œil par des lueurs et l'oreille par des sons. >> C'est là ce qui constitue la loi des énergies spécifiques des sens...

Page 1