QUAUTÉS PREMIÈRES ET SECONDES
Démocrite a le premier établi une distinction entre les qualités de la matière. Les qualités primaires ou premières sont celles qui sont
formellement dans les corps, mais causalement. R. Jeannière en cite un grand nombre. Cf. Criteriologia vel Critica cognitionis certae, p. 426-427, Paris, 1912. Voir les excellents articles de R. de Sinéty : La connaissance sensible des qualités secondaires, dans Revuk des Questions scientifiques, avril 1911. — La Perception extérieure, Ibidem, avril et octobre
(') G. FoNSEGRiVE, Éléments de philosophie, t. II, Métaphysique, 14« Leçon, VI. — Cf. Denis Cociiin, La perception extérieure.
objectives et absolues : elles sont connues telles qu'elles existent dans la réalité.
Pour DÉMOCRiTE, ce sont Vétendue et la pesanteur. — Pour Descartes, c'est Vétendue, puis la iigure et le mouvement qu'il ramène d'ailleurs à l'étendue, dont il fait Vessence des corps. — Pour Locke, ce sont Vétendue, la solidité, le mouvement, le repos, le nombre et la iigure. — Pour Maine de Biran, c'est la résistance.
Les qualités secondes ou secondaires sont celles qui sont subjectives et relatives : elles ne sont pas connues telles qu'elles sont en elles-mêmes (96, II) ; elles ne sont pas essentielles à la matière et supposent les qualités primaires. Ce sont la couleur, le son, la saveur, l'odeur, le chaud, le froid.
Critique : cette distinction entre les qualités primaires et secondaires de la matière paraît arbitraire à certains philosophes contemporains (^). La raison, disent-ils, qui fait rejeter l'objectivité des qualités secondaires, vaut également pour les qualités primaires. Celles-ci, en effet, ne sont perçues, comme les autres, que par l'intermédiaire des sensations : je sens la résistance ou l'étendue comme la lumière, le son, etc. Elles sont donc relatives et subjectives comme les quahtés secondaires. Gomment considérer la résistance ou la pesanteur comme des propriétés absolues, quand tel objet, qui semble lourd ou oppose une résistance invincible à l'enfant, paraît léger à un homme fort ?
C'est l'ensemble des perceptions primitives et des perceptions acquises i^).