‹ Traité de philosophieChapitre 232 sur 921 · HIÉRARCHIE DES SENS · texte numérisé non relu

HIÉRARCHIE DES SENS

Conclusion : Rousseau a insisté sur l'éducation des sens : « Nous ne savons ni voir, ni toucher, ni entendre que comme nous avons appris » ; — « nous devons apprendre pour ainsi dire à sentir ». Certains pédagogues, comme Pestalozzi, Frœbel, se sont api)liqués à faire cette éducation chez l'enfant.

Mais il faut noter : a) que c'est par le commerce avec la nature ellemême plutôt que par des instruments artificiels que cette éducation doit se faire ; — b) que l'éducation des sens n'est pas une fin, mais un moyen ; ce qui importe ce n'est pas tant de donner à l'enfant un œil perçant, une ouïe fine, etc., que d'éveiller l'esprit d'observation et de développer le bon jugement (^).

RemarQLue : il ne faut pas croire que les sens se substituent réellement les uns aux autres dans les perceptions qui leur sont propres, vg. que la vue finit par percevoir la température des objets. Cela signifie qu'à l'aide des perceptions propres d'un sens, nous pouvons, par suite de leur association antérieure avec les perceptions propres d'autres sens, connaître des qualités que ce sens ne perçoit pas naturellement. Les perceptions visuelles, vg., suffisent souvent pour nous faire connaître la forme solide des objets, sans que nous ayons besoin de recourir de nouveau au toucher. La perception acquise n'est en effet qu'une image d'une sensation passée, rappelée par une sensation présente, qui, autrefois, a coexisté avec la première. De sorte qu'en fait les sens semblent se suppléer réellement les uns les autres : vg. l'ouïe semble percevoir la distance. Mais c'est une apparence due à une association antécédente.

Page 1