‹ Traité de philosophieChapitre 250 sur 921 · MÉMOIRE ET VOLONTÉ · texte numérisé non relu

MÉMOIRE ET VOLONTÉ

et méthodique de la mémoire. Sans doute, il ne faut pas abuser de la récitation ; mais où trouver un meilleur procédé pour dégourdir la mémoire et pour apprendre vite et bien ? La nouvelle pédagogie, par une réaction excessive, estime trop peu la mémoire. Que l'éducation intellectuelle consiste à former l'esprit et non à le remplir, c'est vrai. Montaigne l'a dit depuis longtemps : « Une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine {}). » La culture de la mémoire ne doit pas être exclusive ; il s'agit avant tout de faire des esprits aptes à penser. Mais un des moyens nécessaires pour atteindre cette fin n'est-ii pas d'enrichir et cVexercer la mémoire ? La mémoire tient en réserve la matière sur laquelle l'intelligence travaille (112). Comment juger, comparer, apercevoir les rapports des choses, si l'on n'a pas par devers soi une large provision d'idées, un riche bagage de souvenirs ? Le jugement, qu'on oppose à la mémoire, serait sans elle condamné à l'impuissance.

in. — Association : le maître ne doit donner comme matière de leçon que des passages bien expliqués par lui, et bien compris par l'élève. Sans doute les procédés mnémotechniques artificiels peuvent avoir dans certains cas quelque utilité ; mais ils ne sauraient être adoptés comme méthode générale. Le meilleur moyen de retenir les choses, c'est de le» associer par des liens logiques et rationnels ; à ce point de vue la culture de la mémoire se confond avec celle du jugement.

IV. — Oubli : il faut apprendre à l'enfant à oublier ce qui est sans valeur. Inexpérimenté, il retient tout, même ce qui est insignifiant. Il faut l'habituer à diriger l'acquisition de ses souvenirs ; autrement sa mémoire serait bientôt surchargée de choses inutiles et encombrantes.

Page 1