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ORDRE A SUIVRE EN PHILOSOPfflE

A. — Certains philosophes partisans de la méthode ontologique ou géométrique, comme Spinoza, Wolf, Hegel, veulent qu'on commence par la métaphysique, car, disent-ils, c'est plus naturel et plus logique. Une fois les premiers principes établis par définition, rien de plus simple que d'en tirer toutes les conclusions ; Dieu étant connu. Dieu étant la cause de toutes choses, on descend naturellement de la cause aux effets.

Mais : a) de notions étabUes a priori on ne peut tirer que des conclusions idéales et abstraites ; autrement on tombe dans le sophisme qui consiste à passer de l'ordre idéal ou logique à l'ordre réel ou ontologique. C'est ainsi qu'a procédé Spinoza : il part d'une définition a priori de la substance, d'où il dérive logiquement son panthéisme. Spinoza a bien essayé, il est vrai, après avoir défini la substance, de prouver a priori la réahté d'un être auquel cette définition s'applique, et de faire ainsi, de cette définition nominale, une définition de chose. Mais sa preuve est sans valeur, car on ne peut démontrer a priori l'existence d'aucun être. Sans le point d'appui de I'observation de la réalité, on ne peut sortir de la pure possibilité.

b) La métaphysique a pour but de déterminer la nature de l'âme, de la matière et de Dieu ; or cette détermination serait hypothétique et fantaisiste, si elle n'était solidement fondée sur l'étude de l'âme et de ses facultés.

c) Pour ce qui est de Dieu en particulier, l'homme ne saurait l'atteindre immédiatement ; il ne s'élève à cette connaissance que par l'étude des

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