FORMES DE L'ATTENTION
L'attention peut être spontanée ou volontaire.
A. — Spontanée : acte par lequel l'esprit se fixe de lui-même sur un objet : vg. l'attention de l'enfant se porte naturellement vers l'objet qui l'attire par sa nouveauté. Elle est spontanée dans la :
10 Distraction : impuissance à fixer l'esprit sur une idée à laquelle il voulait d'abord s'appliquer ; il est emporté ailleurs et l'attention ^est détournée d'un autre côté. — Il y a cependant une distraction, qui n'est qu'une simple inadvertance aux choses extérieures, causée par une préoccupation trop forte ou une réflexion trop intense : c'est la distraction de l'homme passionné ou du savant. On l'appelle parfois abstraction.
20 Préoccupation : attention qui se fixe malgré nous : vg. souvenir
obsédant.
B, .__ Volontaire : c'est l'attention proprement dite : effort par lequel nous appliquons notre esprit à un objet quelconque. La différence entre l'attention spontanée et la volontaire ressort des locutions suivantes : voir et regarder — entendre et écouter — sentir et flairer — toucher et palper — goûter et savourer. — Elle se manifeste de diverses façons qui prennent différents noms :
1» Application : attention soutenue et persévérante.
20 Contention : attention intense qui implique un effort pénible.
30 Méditation : réflexion approfondie.
40 Contemplation : méditation où tout effort semble disparaître et où il entre un élément d'admiration : vg. contempler la belle nature.
50 Observation externe : c'est l'attention portée vers le dehors.
60 Observation interne ou réflexion : c'est l'attention tournée vers le dedans.
Comparaison entre l'observation interne et l'observation externe :
10 Ressemblance : l'attention et la réflexion sont toutes deux une tension, un effort de l'esprit pour connaître les choses.
20 Différences : a) L'observation interne est tournée vers l'âme et
ses états, vers le sujet ; —l'observation externe est dirigée vers le monde
extérieur, vers les objets. — b) L'observation externe exige généralement
un moindre effort que l'interne ou réflexion. — c) L'attention et la réflexion
s'exc/weni mutuellement, en ce sens qu'on ne peut pas tout ensemble
regarder au dehors et au dedans. L'homme très attentif aux phéno-
1 mènes extérieurs se perd de vue : il s'identifie avec l'objet de son atten-
! tion. L'homme qui réfléchit ne perçoit plus le monde extérieur : il est
absorbé dans sa méditation : vg. Archimède. — d) L'observation
, externe est antérieure à la réflexion : l'enfant fait attention au monde
[extérieur avant de s'observer lui-même.
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