CONNAISSANCE INSTINCTIVE, RÉFLÉCfflE
La connaissance instinctive est celle que l'esprit acquiert spontanément : vg. dans la perception extérieure, dans la mémoire ; la connaissance réfléchie est celle qu'il perfectionne plus tard par l'attention et la réflexion : vg. dans l'abstraction, la généralisation.
I. — Comparaison : l^' La connaissance spontanée est antérieure à l'autre ; œuvre de la nature, elle se développe promptement pendant la première enfance et atteint à peu près le même degré chez tous les hommes {}). — La connaissance réfléchie est plus tardive, car elle exige le concours de l'attention volontaire ; elle est susceptible d'un développement indéfini, mais très inégal, selon les aptitudes des individus et d'après leur effort d'apphcation.
2» La connaissance instinctive est obscure, confuse, synthétique : vg. dans la conscience spontanée où il n'y a pas distinction entre le sujet connaissant et l'objet connu (68, I) ; — dans la perception externe : vg. voir, toucher, sentir, goûter, entendre ; — dans la mémoire : les idées s'associent spontanément (105, B, 106) et reviennent quelquefois de même. — La connaissance réfléchie est claire, distùicte et analytique : vg. dans la conscience réfléchie où le je est distingué du me (67, B, II, b); — dans la perception externe : vg. regarder, palper, flairer, savourer, écouter — dans la mémoire : vg. la reconnaissance et la localisation précises dans le passé (107) ; — dans les facultés d'élaboration : les idées abstraites et générales sont plus claires et plus distinctes que les idées concrètes et particuUères, parce que celles-ci sont plus sjmthétiques et plus complexes : vg. quelle différence entre l'idée de l'homme en général, qui revient à l'idée d'un animal raisonnable, et l'idée de tel homme en particulier, qui contient dans sa compréhension une multitude de caractères ou notes individuantes.
3° La connaissance instinctive a pour objet le concret, V individuel : c'est ainsi que la conscience spontanée ne perçoit que les phénomènes psychologiques particuhers à chacun de nous et tels qu'ils existent in
(') RouRE, Doctrines et problèmes, chap. xii, Dévdoppemenl de la spontanéité chez l'enfant.