‹ Traité de philosophieChapitre 322 sur 921 · C. — THÉORIE COMMUNE · texte numérisé non relu

C. — THÉORIE COMMUNE

Intelligence : le jugement, comme il ressort de la réfutation des doctrines précédentes, est un acte essentiellement intellectuel. La croyance est V instinct vital de l'intelligence : c'est une tendance native à admettre toute idée qui n'est pas contradictoire, comme cercle carré, ou qui n'est pas contredite par une autre idée ; ou, quand deux idées se combattent, c'est la tendance à accepter la plus forte. La raison dernière de notre adhésion c'est l'évidence, éclat de la vérité qui ravit l'assentiment de notre esprit. Quand l'idée se présente avec une clarté irrésistible, nous l'admettons sans hésiter ; elle s'impose à nous ; c'est la certitude. — Quand l'idée n'a pas cet éclat, quand elle est contredite par des idées contraires et que la probabilité penche d'un côté plus que de l'autre, l'état d'esprit correspondant s'appelle l'opinion. — Quand l'esprit reste en suspens entre deux opinions contraires qui se font équihbre, c'est le doute (Cf. Logique, L. III, Ch. i). C'est donc Vévidence et V approximation de l'évidence qui engendrent la croyance à ses divers degrés. Sans doute la volonté, le sentiment, la force des idées y ont leur part incontestable : la croyance ne peut échapper à leur influence, car on croit avec l'àme tout entière. Mais, en définitive, on croit parce qu'on a des raisons de croire ; on juge parce qu'on voit plus ou moins clairement le rapport qui unit deux idées. La condition immédiate du jugement, c'est donc l'évidence ou l'éclat plus ou moins grand de la vérité.

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