IMPORTANCE DU RAISONNEMENT
§ a — ANALOGIE
On peut raisonner en concluant : du général au particulier, et c'est la déduction ; ou du particulier au général, et c'est l'induction. Les Associationnistes (Stuart Mill, Bain, Spencer) admettent une troisième sorte de raisonnement, d'où dériveraient les deux autres et qui consisterait à conclure du particulier au particulier : vg. l'enfant, s' étant une première fois brûlé le doigt, ne veut plus l'approcher du feu, parce qu'il craint d'être brûlé de nouveau. Il conclut donc d'un cas particulier à un cas particulier, à cause de leur ressemblance, sans passer par cette loi générale : toute flamme brûle. C'est aussi de cette manière que raisonnent les animaux (^).
Réponse : I. — Si l'enfant ne compare pas les deux cas et ne conclut pas de l'un à l'autre, il n'y a pas raisonnement, mais simple association d^ idées. La vue du feu éveille l'idée de brûlure et cette idée provoque, comme la sensation même, un mouvement instinctif de répulsion. — C'est le cas des animaux qui ne raisonnent point, parce qu'ils ne perçoivent pas les rapports.
IL — S'il y a comparaison des deux cas et conclusion de l'un à l'autre
en vertu de l'aperception d'un rapport de ressemblance entre eux, il y
a un raisonnement qu'on nomme Analogie. Mais l'analogie ne constitue
pas une troisième espèce de raisonnement, car, malgré son apparente
simplicité, elle se compose de deux raisonnements successifs, dont l'un
est une induction, l'autre une déduction :
r T ,- { Une première flamme m'a brûlé, induction i ta t n i, -i ^
( Donc les flammes brûlent.
r,-, ^- ( Les flammes brûlent.
Déduction { j^ .. -, \ , .i
/ Donc cette seconde flamme me brûlera.
Tous les raisonnements doivent donc se ramener à la déduction
et à l'induction.