B. — DÉDUCTION
L — Analyse psychologique : A) Nature : raisonnement par lequel l'esprit conclut du général au particulier. Déduire, c'est donc d'une vérité générale connue en inférer une autre moins générale ou particulière : vg.
Tout homme est mortel,
Or Paul est homme.
Donc Paul est mortel.
B) Opérations qu'elle suppose : la déduction a pour éléments trois jugements et trois idées. Dans les deux premiers jugements on compare deux idées (vg. mortel, Paul) avec une même troisième (homme), et Von affirme leur convenance avec cette troisième idée. Dans le troisième jugement on conclut la convenance des deux idées (Paul, mortel) compa-
(') Leibniz, Principes de la nature et de la grâce fondés en raison,^ 5. — Nouveaux essais. Préface, p. 16-17.
(•) BossUET, Logique, L. III.
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rées dans les deux premiers jugements. Les deux premiers jugements se nomment V antécédent du raisonnement ; le troisième, le conséquent. II. — Analyse logique : la Logique étudie la déduction au pomt de vue de son expression verbale. Or l'expression verbale du raisonnement déductif, simple et régulier, c'est le syllogisme qu'ARisTOTE définit : « Un discours dans lequel, certaines choses étant posées, une autre chose en résulte nécessairement, par cela seul que celles-là sont posées. »
A) Éléments du syllogisme : 1° Comme il y a trois idées dans la déduction, il y a trois termes dans le syllogisme : le grand et le petit terme (vg. mortel, Paul), qu'on appelle extrêmes ; le moyen terme (homme), qui sert d'intermédiaire entre le grand et le petit terme.
2» Comme il y a trois jugements dans la déduction, il y a trois propositions dans le syllogisme : la majeure (qui contient le grand terme) et la mineure (qui contient le petit terme) s'appellent prémisses ; la troisième se nomme conclusion.
Matière du syllogisme : elle est constituée par les propositions et les termes.
Forme : c'est la conséquence., c'est-à-dire la nécessité de poser la conclusion à la suite de certaines prémisses données. Le mot donc est l'expression verbale de cette nécessité.
B) Règles : pour être concluant, le syllogisme doit remplir certaines conditions et observer les règles qui régissent les termes et les propositions (Cf. Logique formelle, Ch. m. Art. II, Sect. I, 26).
C) Principes fondamentaux : une suite quelconque de trois propositions ne suffit pas pour constituer un syllogisme. Il faut entre les trois termes qui le composent un Uen logique en vertu duquel la conclusion découle nécessairement des prémisses. Pourquoi puis-je affirmer, dans l'exemple cité : 1° que l'idée de mortel convient à l'idée d'homme ? parce que l'homme est contenu dans la classe des mortels ; — 2° que l'idée d'homme convient à l'idée de Paul ? parce que Paul est contenu dans la classe des hommes ; — 3° que l'idée de mortel convient à l'idée de Paul ? parce que, Paul étant contenu dans la classe des hommes, et la classe des hommes étant contenue dans la classe des mortels, Paul est nécessairement contenu dans la classe des mortels. Donc le rapport logique qui unit les trois termes de la déduction est un rapport du contenu au contenant, ou de l'individu à l'espèce, de l'espèce au genre. Dans cette analyse du raisonnement déductif on s'est placé au point de vue de Yextension des termes. Le principe du syllogisme à ce point de vue est celui de la contenance extensive : Ce qui est vrai du genre est vrai aussi de toute espèce et de tout individu appartenant au genre. Quod dicitur de omni, dicitur etiam de quibusdam et singulis. On peut se placer encore au point de vue de la compréhension (Cf. Logique, L. 1, Gh. m. Art. II, Sect. II, 34, 35).