‹ Traité de philosophieChapitre 341 sur 921 · PRINCIPE DE RAISON ET SES DÉRIVÉS · texte numérisé non relu

PRINCIPE DE RAISON ET SES DÉRIVÉS

mais toute raison n'est pas cause. Le principe de raison s'applique à tout, au monde abstrait comme au monde concret, aux concepts métaphysiques comme aux phénomènes sensibles : vg. Dieu a sa raison d'être dans sa perfection absolue ; une vérité a sa raison dans une autre vérité ; mais on ne doit pas dire que la perfection de Dieu est la cause de son existence, qu'une vérité a sa cause dans une autre vérité.

II. — Principe de substance : « Tout phénomène implique une substance, un sujet un et permanent. » — Ce principe est le complément nécessaire du précédent. En effet, si rien ne subsiste sous la succession des phénomènes, ceux-ci n'étant plus liés entre eux, on ne comprend pas comment ceux qui précèdent peuvent déterminer ceux qui suivent. Si un premier phénomène A disparaît totalement avant qu'un second B soit produit, le premier phénomène est pour le second comme s'il n'avait jamais existé : le second serait un phénomène sans cause. Pour concevoir un rapport de causalité entre deux phénomènes, il faut que quelque chose persiste qui leur serve de hen. La substance est donc une raison d'être du phénomène.

III. — Principe des lois, ou d'uniformité de la nature, ou principe (Tordre : « Dans les mêmes circonstances les mêmes causes produisent les mêmes effets. « — D'autres disent : « La nature obéit à des lois stables et générales. » — « Il y a de l'ordre dans le monde. » Mais le principe ainsi formulé n'est plus premier, parce qu'il résulte d'une démonstration a posteriori.

Ce principe n'est qu'une apphcation du principe de raison au principe de causalité. Si les causes, par hypothèse, restant les mêmes, les effets changeaient, la différence des effets, n'ayant pas sa raison d'être dans la différence des causes, serait sans raison. — Claude Bernard l'appelle le principe du déterminisme.

IV. — Principe de finalité ou des causes finales : a Tout se fait en vue d'une fin » ; « OuSev [/.ar/iv », comme dit Aristote. — Bossuet a donné une autre formule qu'on peut résumer ainsi : « Tout ce qui est ordonné suppose une intelligence et un but. »

Remarques : 1° Kant appelle ces principes du second groupe des jugements synthétiques a priori. D'autres prétendent qu'ils sont analytiques (150, IV).

2" Réduction des principes aux principes dHdentité et de raison :

A) Le principe de contradiction n'est que la formule négative du principe d'identité et le principe du tiers exclu est une conséquence du principe de contradiction.

B) La cause, la substance et la fin sont des raisons de l'existence des phénomènes et des êtres ; la loi est la raison de leur coexistence ou de leur succession. En effet : la cause est la raison du phénomène qu'elle précède et produit ; — la substance est la rai^n de la causalité elle-

Page 1