‹ Traité de philosophieChapitre 36 sur 921 · II. — Manière d'être connus · texte numérisé non relu

II. — Manière d'être connus

A) Les phénomènes physiologiques : a) sont connus par l'intermédiaire des sens, dont la puissance peut être multipliée par des instruments : loupe, microscope, thermomètre, etc. Comme nous n'en avons pas conscience, ils sont difficiles à connaître. Aussi la connaissance des fonctions organiques est souvent tardive : vg. la circulation du sang a été découverte seulement par Harvey en 1628 ; la fonction glycogénique du foie par Claude Bernard (1853). Beaucoup de lonctions sont encore ignorées.

b) Peuvent être connus par plusieurs observateurs à la fois.

c) Sont mieux connus sur les autres que sur' nous ; de là les expériences faites par les physiologistes : vivisections.

(') A. Farges, Le cerveau, l'âme et les facultés, 1"''= P., § 8. i.') A. Farges, Ibid., § 9.

B) Au contraire les faits psychologiques :

à) Sont saisis immédiatement, sans intermédiaire^ par la conscience : ils sont conscients. De là vient que non seulement ils sont faciles à connaître, mais qu'ils sont nécessairement cpnnus : si je ne savais pas que je sens, pense et veux, il n'y aurait ni sensation, ni pensée, ni volition (69).

b) Sont seulement connus de celui dans lequel ils se passent : ce que je pense, moi seul le sais. — L'oreille avertit le médecin de l'état des poumons, la conscience du malade l'avertit de son malaise.

III. — Fin : a) les faits physiologiques ont pour fin V entretien de la vie corporelle^ la conservation de l'individu et de l'espèce.

h) Les faits psychologiques ont aussi, comme fin, la conservation du corps ; la vue, le goût, l'odorat concourent à nous procurer des aliments ; la mémoire nous rappelle les dangers courus, etc.

Mais là ne saurait se borner la fin : de la raison qui peut s'élever à l'infini ; de Vimagination qui enfante des chefs-d'œuvre ; de la puissance d'aimer qui est capable de tous les dévouements. Les vraies fins des fonctions spirituelles sont la connaissance, la beauté, la vertu, le bonheur, et même tous ces biens dans leur plénitude, car, comme dit Pascal : K L'homme n'est produit que pour l'infinité. »

L'opposition entre ces deux ordres de fins est si grande qu'il y a des cas où les fins spirituelles exigent le sacrifice des fins matérielles, où il faut donner sa vie pour faire son devoir : vg. mourir pour la patrie. Ceux qui sont à la hauteur de ce sacrifice sont des héros. Le vulgaire, pour sauver sa vie, oublie les vraies raisons de vivre, comme dit

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