‹ Traité de philosophieChapitre 377 sur 921 · A. — NOTION DE CAUSE · texte numérisé non relu

A. — NOTION DE CAUSE

I. — Définitions : il y a entre la substance et la cause une étroite relation. Selon la pensée de Leibniz, une substance qui n'agirait point ne serait point ; être c'est agir ; et l'on est dans la proportion même où l'on agit. Tout être est : cause en tant qu'il est une jorce capable de produire certains effets ; substance en tant qu'il est le sujet permanent de certaines modifications. La cause proprement dite ou efficiente est une force, un pouvoir. C'est, dit Platon, le pouvoir de faire passer à l'être ce qui n'était pas. U effet, c'est ce qui est produit ; la cause, ce qui produit quelque chose.

Il ne faut pas confondre la notion de cause avec les notions : a) D'antécédent même constant : vg. le jour succède invariablement à la nuit, et cependant la nuit n'est pas la cause du jour.

b) De condition : la condition enlève l'obstacle (}) à l'activité de la cause : vg. pour que le soleil éclaire une chambre, il faut que les volets soient ouverts ; c'est la condition nécessaire pour que la lumière entre ; mais la cause de la lumière c'est le soleil. — La condition que les savants appellent cause, c'est la condition nécessaire et suffisante.

c) D'occasion : l'occasion facilite l'activité de la cause et la provoque à l'action. Ce n'est donc qu'improprement qu'on parle de causes occasionnelles. L'idée de cause n'implique pas seulement une idée de succession, mais de plus une idée de production. Le rapport de causalité n'est pas un simple rapport de succession même constante, inais de production. Pour qu'il y ait causalité, il faut que l'effet ait sa raison d'être dans l'activité de la cause (^).

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