‹ Traité de philosophieChapitre 38 sur 921 · OBJECTION · texte numérisé non relu

OBJECTION

les causes des modifications organiques : vg. : mouvements de locomotion : je marche, mais parce que je l'ai voulu ; — mouvements d'expression : ma physionomie passe par des expressions diverses, mais elles sont le reflet de ma pensée^ de mes sentiments ; — certains cas de maladies sont dus vg. à la tristesse ; — Vidée d'un fruit savoureux fait venir Veau à la bouche ; la pensée d'un monstre peut donner le frisson, etc. — les passions agissent sur l'organisme : vg. la colère accélère la circulation du sang, la peur la retarde, etc. — La raison d'être de la structure et des fonctions du cerveau no peut se trouver que dans l'analyse des facultés mentales.

B. — Services rendus par la Physiologie à la Psychologie :

C'est souvent dans la vie physiologique que le psychologue trouvera les raisons des phénomènes psychologiques : vg. perte subite de la mémoire qui s'explique par une lésion cérébrale ; — rêve qui s'explique par l'état spécial de Vorganisme ; — hallucination et délire qui s'exphquent par V agitation fiévreuse du cerveau ; une lésion du cerveau peut causer la folie ; — la théorie de la perception des sens est éclairée par l'étude des organes des sens ; — dans la théorie de la sensation il faut tenir compte des antécédents organiques, etc.

Conclusion. — Les deux vies physique et psychologique étant intimement liées, les deux sciences qui s'en occupent doivent être également unies. — C'est le vœu qu'exprimait Leibniz : « Plût au ciel qu'on pût faire que les médecins philosophassent et que les philosophes médecinassent ! »

On comprend aussi l'institution de sciences mixtes, la Psychophysiologie et la Psyclio-physique, qui traitent des rapports des phénomènes physiologiques et physiques avec les phénomènes psychologiques,

5. — OBJECTION CONTRE LA DISTINCTION DES PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQUES ET PSYCHOLOGIQUES

Certains philosophes se demandent si cette distinction entre le phénomène physiologique et le phénomène psychologique est réelle. D'après eux, ce ne serait, au fond, qu'un seul et même fait que nous croirions double, parce que nous le connaîtrions de deux manières différentes : les deux faces d'un même phénomène nous sembleraient deux phénomènes distincts. Le phénomène physiologique ne serait que le côté objectif, perçu du dehors par les sens ; le phénomène psychologique ne serait que le côté subjectif, vu du dedans par la conscience. Telle est la théorie : de Cabanis, pour qui le physique et le moral ne se distinguent que « comme l'endroit et l'envers d'une même étoffe » ; — de Taine, pour qui la sensation et le mouvement sont deux traductions différentes (l'une dans le langage de la conscience, l'autre dans le langage des sens) d'un texte unique.

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