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RAPPORTS DES PRINCIPES DE CAUSALITÉ ET DE FINALITÉ

A) Ressemblances : 1° Tous les deux dérivent du principe de raison (160).

2° Tous les deux ont pour origine l'expérience interne interprétée par la raison : idée de cause (183, § A, III) — idée de fin (184, § A, IV).

3° L'esprit y adhère irrésistiblement, car sans eux il ne peut exphquer Jes choses. Ils s'appellent et se complètent l'un l'autre : de même que tout vient d'une cause, de même tout va vers un but.

B) Différences : ces principes diffèrent par leur :

I. — Contenu : a) Le principe de causahté exphque les conséquents (effets) par les antécédents (causes), le présent (les effets qui existent) par le passé (la cause qui n'agit plus) : il remonte de l'effet à la cause, c'est une marche régressive. — Le principe de finalité exphque les antécédents par les conséquents, le présent par l'avenir, puisque la cause finale est l'idée d'un effet futur prévu et voulu : vg. je veux voir un ami, et j'y arrive enfin ; l'antécédent (la sortie présente) est expliquée par le conséquent (vue de l'ami, qui est l'idée d'un effet futur) ; c'est une marche progressive.

b) Le premier est le hen des phénomènes successifs ; le second he aussi les phénomènes coexistants. (Cf. Logique, L. II, Ch. iv).

IL — Emploi : le principe de causalité sert plus fréquemment : nous cherchons plus souvent la cause que le but d'un phénomène. Le principe de causalité intervient dans toutes les sciences : physiques, naturelles, psychologiques, morales, métaphysiques. Le principe de finalité n'intervient que dans quelques-unes, surtout dans les sciences naturelles et les sciences morales (185, II, D).

III. — Valeur : il faut distinguer le point de vue : a) Scientifique : on peut dire que le principe de causalité a une valeur supérieure, en ce sens qu'il est toujours vérifié par l'expérience ; mais si l'expérience ne montre pas toujours la vérification du principe de finahté, elle n'est jamais en opposition avec lui. Nous ne voyons pas la cause finale de bien des choses ; cette ignorance ne prouve pas qu'elle n'existe pas.

(187) NOTION DE l'absolu : ANALYSE 339

; b) Métaphysique : ils ont la même valeur, la valeur absolue du principe de raison dont ils dérivent.

Conclusion : on a essayé de ramener le principe de finalité au principe de causalité. Cette tentative repose sur une confusion. Le principe de causalité est souvent pris pour le principe de raison, parce qu'il en est l'application la plus habituelle, et, en ce sens, le principe des causes finales peut se ramener au principe de causalité, c'est-à-dire de raison, puisque la cause finale est une espèce particulière de raison. Mais si on prend le principe de causalité dans son sens strict, si on entend par cause un antécédent déterminant et efficace, il est impossible d'y ramener le principe des causes finales. Ce sont en effet deux procédés d'explication, non seulement distincts, mais opposés : l'un rend compte des phénomènes par les antécédents, l'autre par les conséquents (B, I, a).

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