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SYNTHÈSE DES NOTIONS ET VÉRITÉS PREMIÈRES

Bref, le procédé par lequel on conçoit l'absolu, c'est la négation de tout ce qui rend relatif le relatif : dépendance d'une cause, limite dans la perfection ; — le motif pour lequel on conçoit l'absolu, c'est la nécessité pour la raison de s'arrêter enfin à une explication suffisante, et Y impossibilité pour elle de voir en tout ce qui est relatif une raison suffisante de s'arrêter.

Conclusion : lorsque de la compréhension de l'idée de l'absolu on dégage les trois notions élémentaires du nécessaire, de l'infini et du parfait, Vabsolii s'appelle Dieu. Donc, pour expliquer l'origine de l'idée de Dieu, il suffit d'expliquer l'origine de l'idée d'absolu.

On peut noter trois degrés dans la formation de l'idée de Dieu : 1° Quand l'esprit a acquis une certaine connaissance de l'univers, il le rapporte à une cause. — 2° Réfléchissant sur la nature de cette cause, il comprend qu'elle est Vêtre nécessaire, parce qu'il faut bien arriver à un être qui soit indépendant de toute cause et qui soit cause de tout le reste ; sinon, il faudrait aller à l'infini, ce qui répugne. — 3° Enfin il comprend que cet être nécessaire et absolu est infiniment parfait. Cette forme abstraite de l'idée de Dieu réclame un contenu : Dieu est conçu comme : a) puissance sans bornes — b) intelligence infinie — c) bonté et amour parfaits. Ce sont les attributs de la nature humaine que nous transportons en Dieu, moins les imperfections qui les hmitent en nous (Cf. Théodicée).

Remarque : Idées du vrai, du bien, du beau : au-dessus des vérités séparées les unes des autres, nous concevons une vérité suprême et absolue qui les unifie et les domine toutes ; — au-dessus des biens imparfaits et relatifs, nous concevons un bien absolu ; — au-dessus du beau réalisé dans les œuvres de la nature et de l'art, au-dessus de l'idéal créé par notre imagination, nous concevons une beauté absolument parfaite.

Conclusion générale: nous avons successivement apphqué aux notions à'' être, à'' unité, aV identité, de raison, de substance, de cause, de fin, d'absolu, la théorie empirico-rationaliste sur l'origine des idées. Or toutes ces notions ont pu s'exphquer par le concours de l'expérience et de la raison. N'est-ce pas pour la théorie la meilleure des confirmations ? (^)

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