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A — ROLE GÉNÉRAL DE U INTELLIGENCE

Le rôle de l'intelligence dans la formation de la connaissance humaine apparaît maintenant net et clair.

I. — Matière de la connaissance : la connaissance peut être comparée à un édifice dont la conscience et les sens, facultés expérimentales, fournissent les matériaux, que conservent et reproduisent la mémoire et V imagination.

IL — Forme de la connaissance : le travail de l'intelligence consiste à élaborer ces données de l'expérience, pour transformer la connaissance sensible (sensations, images, faits de conscience) en connaissance intellectuelle (idées générales, notions et vérités premières).

Il y a trois degrés dans la connaissance intellectuelle : concept, jugement, raisonnement : 1° En ramenant les êtres à des types et les phénomènes à des lois, l'intelligence accomplit déjà un grand travail d'unification qui produit le concept ou idée générale. Ce travail s'opère à l'aide de Yattention, de la comparaison, de Vabstraction et de la généralisation. — 20 Pour continuer son œuvre, l'intelligence unit les concepts entre eux en affirmant leurs rapports : c'est le jugement. — 3» Enfin elle relie les jugements entre eux en inférant leurs rapports ; c'est le raisonnement. Par ces différentes opérations, l'intelhgence imprime une forme abstraite, générale, scientifique à la matière, aux données concrètes et particulières, que lui fournit l'expérience interne et externe. Dans l'exercice de ces opérations, elle est dirigée par les principes d'identité, de raison et leurs dérivés.

III. — Terme de la connaissance : le terme final des opérations intellectuelles, c'est la science. Une suite logique de raisonnements constitue une démonstration ; une suite logique de démonstrations, une science. Poursuivant son travail d'unité, la raison fait la philosophie des sciences, par laquelle elle tend à remonter, de principe en principe et de cause en cause, jusqu'au premier principe et à la cause première de tout, jusqu'à Vabsolu (188, II). Les notions premières sont les divers moyens que l'intelligence emploie pour arriver à V unification totale des choses. Le besoin primitif de l'inteUigence, c'est le besoin à' unité; son vœu serait, s'il était possible, de penser toutes choses en une seule. C'est le privilège de l'IntelUgence infinie : « La vérité est une de soi. Qui la connaît en partie, en voit plusieurs ; qui les verrait parfaitement n'en verrait qu'une » {}).

(') BossuET, De la connaissance de Dieu et de soi-même, Ch. iv, § 5. — Et ailleurs : « Nous aurions moins d'idées si notre esprit était plus parfait. » {Logique, L. I, Ch. xxvii). — Balmès, Art d'arriver au vrai, Chap. xvi, § vu.

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