‹ Traité de philosophieChapitre 397 sur 921 · VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

VOLONTAIRES

Sans l'inteUigence, la volonté serait une activité spontanée et aveugle se rapprochant de l'instinct,

A) On ne peut vouloir, en effet : 1°) Si l'on n'a pas l'idée du but à réaliser : Nihil volitum nisi praecogniium (10, I) et avec l'idée du but, celle des moyens et des obstacles, des motifs pour et contre (192).

2° Si l'on n'est capable de comparer entre elles ces diverses idées. Or toutes ces opérations sont proprement mtellectueUes.

B) De plus, la volonté suppose, pour s'exercer librement, la connaissance de la distinction du bien et du mal et conséquemment du devoir. En effet, l'âme prend conscience de sa hberté au moment où elle prend conscience du bien et du mal, du devoir et du droit, du mérite et du démérite, car alors elle sait et ce qu'elle peut et ce qu'elle doit. Or ces notions sont des notions rationnelles (Cf. Morale, L.I).

Conclusion. — La volonté suppose donc la raison : Voluntas sequitur intellectum (^). Elle n'est pas possible sans la raison, parce que c'est par la raison que l'activité devient réfléchie et que vouloir c'est agir en connaissance de cause. C'est pourquoi l'opposition imaginée par le déterminisme entre la liberté et la raison n'est pas fondée, puisque c'est la raison qui rend possible la volonté hbre : sans sa lumière on ne pourrait choisir. Plus nous agissons en connaissant les motifs de nos actes, plus nous prenons conscience de notre liberté.

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