‹ Traité de philosophieChapitre 399 sur 921 · A. — OPINION DE SPINOZA · texte numérisé non relu

A. — OPINION DE SPINOZA

La volition est un jugement : d'après Spinoza {^) la volition n'est rien autre chose que l'acte de nier ou d'affirmer ; la volition, c'est l'idée en tant qu'elle enveloppe l'affirmation ou la négation. Vouloir c'est donc affirmer la nécessité d'un acte, qui se pose de lui-même en vertu de cette affirmation. Or affirmer, c'est juger ; la volition se ramène donc au jugement et conséquemment à l'intelligence.

Critique : sans doute la volition est ordinairement précédée, accompagnée ou suivie de jugements ; mais elle en reste distincte. En efîet :

A) Açant de vouloir, nous jugeons que tel acte doit être préféré à l'acte contraire, parce qu'il est meilleur. Mais ce jugement n'est pas libre ; il ne dépend pas de nous d'affirmer que le meilleur vaut moins que le pire ou cice versa. Or, même après ce jugement /orcé, la vohtion reste libre : il dépend de nous de faire ou de ne pas faire l'acte que l'intelligence juge le meilleur. Bref, l'intelligence est une faculté fatale : elle ne crée pas son objet, elle le suppose et le constate ; la volonté est libre (148, B, III).

B. — Le jugement n''est pas efficace par lui-même : il n'entraîne pas nécessairement l'acte qui est affirmé le meilleur. L'expérience prouve que nous voulons tantôt contre le devoir, contre ce qui est le meilleur au regard de l'intelligence, tantôt contre le plaisir, contre ce qui est le meilleur par rapport à la sensibilité.

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