‹ Traité de philosophieChapitre 406 sur 921 · I.\ PERSONNALITÉ · texte numérisé non relu

I.\ PERSONNALITÉ

Ainsi la main est une substance, mais ce n'est pas une substance/ individuelle, parce qu'elle appartient à un tout, au corps. Être un individv c'est être tout entier en soi. /

II. - — Conscience réfléchie : l'individualité ne suffit pas à constituer la personnalité, car les plantes, les animaux sont des substances indiriduelles et cependant ce ne sont pas des personnes. Être une personne, c'est non seulement exister en soi, mais encore exister pour soi. Il faut connaître son existence et être capable de s'attribuer ses actes, de dire : je ; il faut pouvoir réfléchir, ce qui est le propre des êtres raisonnables.

m. — Liberté : être une personne,, ce n'est pas seulement exister en soi et pour soi, c'est enfin être maître de soi, se posséder, être sui juris, être cause de ses actes ; c'est pouvoir déterminer son avenir et faire sa destinée.

Les minéraux, les plantes, les animaux mêmes ne sont que des choses, car ils ne s'appartiennent pas, ils n'agissent pas par eux-mêmes, ils sont plutôt u agis ». L'animal ne vit que pour l'espèce ; c'est l'instinct qui le conduit ; incapable de maîtriser les impressions qui surgissent en lui, il les suit fatalement.

Seul l'homme peut revenir sur ses actes et se dégager par cette réflexion des suggestions de la sensibilité ; seul il puise dans sa nature raisonnable des motifs d'agir et introduit dans le monde une série de faits, qui ne résultent pas nécessairement des antécédents posés. Il joue un rôle bien à lui {personam agere) ; il se fait l'acteur, l'artiste de sa destinée et il peut se rapprocher de plus en plus de l'idéal de conduite que la raison lui assigne.

Voilà les éléments psychologiques de la personnalité : ils constituent pour l'homme un for intérieur inviolable aux influences du dehors, si l'homme sait vouloir (^).

B) Conséquences morales de la distinction des personnes et des choses : I. — La personnahté supposant la conscience réfléchie et la liberté, il s'ensuit que la personne a des devoirs ; elle est par conséquent responsable, peut mériter et démériter, être punie et récompensée. Les animaux, étant dénués de conscience réfléchie et de liberté, n'ont pas de devoirs.

II. — Mais si la personne a des devoirs, elle a aussi des droits ; elle a surtout le droit de n'être pas entravée dans la pratique du devoir. Elle doit être traitée, selon le mot de Kant, comme une fin et non comme un moyen (Cf. Morale, L. II, Ch. i). La loi morale s'adresse donc aux personnes et non aux choses.

III. - — • La personnalité est encore l'un des fondements de l'immortalité de l'âme (Cf. Métaphysique, L. II, Ch. ii, Art. III).

(M C. PiAT, La personne humaine.

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