QUALITÉS, DÉFAUTS, MALADIES DE LA VOLONTÉ 3G
Conclusion: nous pouvons conclure par ces paroles de M. de Biran : « Deux pôles de toute science humaine : la personne moi d'où tout part, lôpersoiuie Dieu où tout aboutit. » ]>'hommc conçoit les êtres inférieurs comme des individualités ayant quelques analogies avec l'individualité hunaine ; et il se représente Dieu comme une personnalité d'une perfectioi infinie.
Remarque : il ne faut pas confondre les notions suivantes : P Essence : ce par quoi un être est ce qu'il est. 2» Substance : c'est un être en soi. Ens in se.
3^ Individualité : c'est un être tout entier en soi. Les Scolastiques l'appelaient suppôt {suppositum) ou hypostase (uTroatao-tç). Le mot de suppôt est réservé aux êtres privés de raison ; le mot hypostase est appliqué indifféremment aux êtres raisonnables et irraisonnables. — Le pied dans un animal, la feuille dans la plante sont des substances, mais pas des individus ou suppôts, parce qu'ils ne sont pas tout entiers en eux-mêmes, ils font partie d'un tout dont ils dépendent.
4° Personne : c'est un individu raisonnable tout entier en soi ; Suppositum rationale. — L'âme séparée du corps n'est pas proprement une personne, parce qu'elle est naturellement destinée à faire partie du composé humain.
5° Nature : dans l'ancienne langue philosophique, ce mot signifie le principe de F activité. C'est encore le sens usité chez Descartes. Les Scolastiques distinguent deux principes d'opération : a) la nature, qui est le « principium remotum quo agit ens ». — h) les facultés, qui sont les « principia proxima quibus agit ens ». Dans la langue actuelle le mot nature s'emploie souvent dans l'acception d'essence.