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II. — Éléments du caractère C) : il comprend deux éléments

A) Élément inné : nous naissons avec une nature psychologique définie ; ce quelque chose de primitif, résultat du tempérament, de l'hérédité, d'un ensemble de tendances naturelles, c'est le caractère inné.

B) Élément acquis : ce caractère inné subit des influences diverses : l'éducation, le milieu, les actes volontaires de la personne ; il se transforme et se fait sous l'action de ces causes multiples : c'est l'élément acquis. Cette transformation est-elle fatale ? Faut-il l'assimiler au développement d'une formule et l'homme n'est-il qu' « un théorème qui marche » ? (Taine). Nous pensons que cette transformation peut être l'œuvre personnelle de la volonté : le caractère acquis peut être un caractère voulu (199, V; 209, II, § II, 4o).

III. — Opinions de Kant (-) et de Schopenhauer (^) : ils ont mis en avant la théorie du caractère intelligible et du caractère empirique. L'ensemble des conditions internes, dans lesquelles se trouve placé un individu, constitue son caractère empirique : c'est la « loi de sa causaUté intérieure ». Ce caractère est soustrait aux prises de la volonté ; il se développe fatalement. Le caractère empirique^ comme tout ce qui est phénoménal, a sa raison d'être dans une « chose en soi », un « noumène » : le caractère intelligible. Étant placé en dehors du monde phénoménal, le caractère intelligible n'est pas soumis aux conditions du temps ; il est donc en dehors de la causalité, il est libre (207, § B, III).

Critique : cette théorie intervertit l'ordre véritable des choses. La part de la fatalité en nous c'est l'élément inné., c'est-à-dire le fond primitif de notre tempérament physique et de notre constitution morale. La part de la liberté, c'est l'élément acquis, développé par nous. Voilà ce qu'atteste l'expérience. Or Kant et Schopenhauer appellent libre l'élément inné, et fatal l'élément acquis. De plus ils nomment intelligible celui qui l'est le moins, le caractère inné, car, ne dépendant pas de nous, il ne peut être connu dans son fond, qui reste réfractaire à toute exphcation ("*).

IV. — Influence de la volonté sur le caractère : c'est un fait d'expérience :

1°) Que l'on peut agir contrairement à son caractère.

2°) Qu'on peut modifier son caractère, en soumettant ses penchants à une disciphne sévère, en contractant des habitudes qui corrigent ou annulent les inchnations primitives. On sait que S. François de Sales,

(1) Fouillée, Tempérament et caractère.— Paulhan, Les Caractères. — P. Malapert, Les éléments du caractère et leurs lois de combinaison, 11"= P., ch. il. — Paulhan, Les mensonges du caractère.

(') Critique de la raison pure, § 648-674.

(') Le monde comme volonté et comme représentationj h. IV, § 55.

(*) P. Janet, La Morale, L. III, Cli. vu.

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