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EFFETS DE L'HABITUDE

I. — Facilité croissante de l'action : l'habitude rend les actes plus faciles, car plus l'acte est répété, plus l'effort diminue : la voie est frayée. Toute activité s'exerce naturellement suivant la hgne de moindre résistance. De là résulte une double conséquence ; l'acte devient :

1°) Plus rapide, car la durée diminue avec l'effort.

2°) Moins vif : étant plus facile, il exige moins d'attention. Plus un ivrogne a bu, plus il boira ; mais il boira plus cite et avec une sensation plus faible, puisque la durée et l'intensité des actes diminuent avec le nombre.

IL — Propension croissante à l'action : l'habitude rend les actes plus nécessaires, car elle produit le besoin ou l'accroît. En effet, les actes opposés à l'habitude devenant de plus en plus difficiles, les actes habituels deviennent un besoin, une nécessité. Au début, il fallait un effort pour produire l'acte d'où est issue l'habitude ; dans la suite, il faut un effort pour ne pas le faire. Aussi Aristote a-t-il dit que l'habitude est « une

(') De l'habitude, p. 17, Revue de Métaphysique et de Morale, 1894. (») J. Simon, Le Devoir, V P., Ch. m, p. 68-69, Paris, 1854».

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seconde nature », oWttsp yàp cpuacç -qo-ri xo eGo; (i). La nature a des inclinations fatales, instinctives ; le besoin de l'habitude est une inclination acquise, d'où résulte le plaisir ou la douleur, selon qu'elle est satisfaite ou contrariée. Plus un ivrogne a bu, plus il aura besoin de boire ; la sensation de moins en moins sentie devient de plus en plus indispensal)le. C'est la punition des âmes livrées au plaisir :1a jouissance va en diminuant, mais le besoin augmente. De là viennent le danger des mauvaises habitudes et la difficulté de les déraciner {^).

III. — Diminution de la conscience : l'acte devient plus obscur, parce que la réflexion s'en retire de plus en plus ; il tend vers l'inconscience : vg. le goût du buveur s'émousse de plus en plus ; — le sachet de fleurs se sent de moins en moins. — Ce troisième effet convient spécialement à l'habitude passive.

Remarque : comment se fait-il que des sensations, qui sont d'abord désagréables (vg. quand on commence à fumer) finissent par être agréables, si on en contracte l'habitude ? — C'est que l'habitude engendre un besoin, le besoin de la satisfaire, et que le plaisir résulte précisément de l'activité satisfaite (20, II, B).

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