DOMAINE DE L'HABITUDE
Le domaine de l'habitude s'étend aussi loin que celui de la vie. On peut distinguer dans Fhomme deux grandes catégories d'habitudes : les unes physiques, les autres psychologiques, qui peuvent être actives ou passives. I. — Habitudes physiques : elles concernent notre organisme. Le corps s'habitue : 1^ à certaines modifications : vg. froid, chaud ; poison pris à petite dose, etc.
20 A certains actes : marche, escrime, natation, écriture, etc. L'appren-
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tissage d'un métier manuel crée des habitudes corporelles, qui constituent les arts mécaniques.
II. — Habitudes psychologiques : elles se rapportent aux trois puissances fondamentales de l'âme. Les habitudes de l'intelligence sont appelées mentales ; celles de la sensibilité et de la volonté, morales :
A. — Sensibilité : a) on s'accoutume à la souffrance et au bonheur.
b) Un certain nombre de nos inclinations sont des habitudes contractées peu à peu.
(') Les passions sont des habitudes de la sensibilité.
B. — Intelligence : a) L'habitude joue un grand rôle dans les perceptions acquises (98, § B).
h) La mémoire est C()nditionnée par l'association des idées ; or l'association n'est qu'une habitude de rinteUigence (115, Conclusion).
c) La pensée s'accoutume à abstraire, à réfléchir, à raisonner ; ces opérations spontanées, faites d'abord difficilement, sont rendues aisées par l'habitude.
d) Un genre spécial d'études fait naître des habitudes particuhères : le mathématicien est porté à n'accorder de valeur probante qu'à la méthode déductive ; le physicien qu'à la méthode expérimentale : de là une certaine tendance au scepticisme. Certains esprits s'habituent à ne voir que le détail des choses, ils aiment à diviser et à subdiviser : ils seront analytiques ; d'autres les envisagent dans leurs rapports généraux : ils seront synthétiques.