‹ Traité de philosophieChapitre 472 sur 921 · ORIGINE DU LANGAGE : HYPOTHÈSE TRANSFORMISTE · texte numérisé non relu

ORIGINE DU LANGAGE : HYPOTHÈSE TRANSFORMISTE

des résidus de noms concrets. Par conséquent, ces racines abstraites ne sauraient nous renseigner sur le premier langage. Il faut ajouter que l'intelligence et par suite le langage ne débutent point par l'abstrait et le général (143).

20 Recourir à un instinct, à l'innéité, c'est un expédient commode pour se tirer d'embarras ; ce n'est pas une explication. Ici surtout c'est inacceptable, car il faudrait admettre une double innéité : l'innéité des mots entraîne l'innéité des idées correspondantes. En effet, un mot n'est pas un mot, mais un simple son, s'il n'est associé avec l'idée qu'il signifie ; il faut donc admettre une association innée entre les deux, entre le mot et l'idée. Quel défenseur de l'innéité oserait aller jusque-là ? {})

3" Cette théorie a le tort d'exagérer le caractère naturel du langage et de laisser sans explication suffisante l'infinie variété des langues et leurs incessEoites transformations. En effet, l'instinct est invariable et indéfiniment transmissible ; mais alors pourquoi a-t-il disparu? Répondre, avec M. Mûller, qu'il s'est atrophié faute d'objet, est une affirmation gratuite, car les langues n'ont pas cessé de se métamorphoser.

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