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L'HALLUCINATION

I. — Nature : c'est une perception à çide, une perception fausse, c'est-à-dire sans objet réel. C'est, à l'état de veille, l'objectivation d'une image à laquelle aucun objet ne correspond actuellement dans la réalité. « L'halluciné rêve tout éveillé. » (Esquirol). L'hallucination est occasionnée par l'intensité anormale d'une image, qui devient plus forte que les sensations concurrentes. Cette image, présentant les caractères de la sensation, l'esprit l'objective naturellement, c'est-à-dire la rapporte à une cause extérieure.

On peut rectifier l'erreur hallucinatoire par la réflexion, en la confrontant avec les données des autres sens et l'expérience de nos semblables. Tant que l'intelhgence est capable de faire cette comparaison, l'halluciné n'est pas victime de l'illusion. L'hallucination d'un sens entraîne ordinairement celle des autres sens. Si ces hallucinations deviennent fréquentes, elles finissent par fausser le jugement du malade et déterminer la fohe.

IL — Explication : il faut se rappeler que la sensation a pour cause une impression organique qui se transmet par les nerfs au cerveau (26). Or, dans l'hallucination, l'impression part du cerveau malade ; l'ébranlement cérébral se communique aux nerfs et par eux aux organes correspondants : vg. au nerf acoustique et à l'oreille. Cet organe, excité à son tour, renvoie l'impression qu'il en a reçue au nerf et par lui au cerveau. Le cerveau, ébranlé comme il l'est d'ordinaire 'par l'action des objets extérieurs, détermine une sensation de son, que l'halluciné, en vertu de l'habitude, objective spontanément. L'hallucination est dont une « sorte de choc en retour » {^).

III. — Différences : il ne faut pas confondre l'hallucination avec :

A) Le rêve : rêve et hallucination se ressemblent en ce point qu'il y a, de part et d'autre, objectivation d'images. Mais dans l'hallucination, à l'état de veille, l'image acquiert une telle force qu'elle refoule les perceptions concurrentes, tandis que dans le rêve, ou hallucination à l'état de sommeil, l'image n'a pas besoin d'être spécialement renforcée pour faire l'effet de la réaUté, parce que, les sensations étant absentes, leur absence laisse le champ hbre à l'image qui est privée de ses réducteurs habituels.

B) L'illusion : c'est une interprétation inexacte d'une perception

(') p. Janet, Psychologie, n. 130, note.

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