‹ Traité de philosophieChapitre 522 sur 921 · J) DIVISION DE LA LOGIQUE · texte numérisé non relu

J) DIVISION DE LA LOGIQUE

I. — Science : la Logique est une science en tant qu'elle détermine les )is idéales de la pensée et les conditions formelles de la preuve. Mais 'est une science pratique, une science de l'action (tou TtpaTxetv), et une cience de la production (xoîi -Koitiv) comme dit Aristote, puisqu'elle

pour but de produire l'exercice légitime de la pensée. Et c'est ainsi u'elle donne naissance à un art.

II. — Art : la Logique est un art en tant qu'elle nous apprend à tirer arti des lois idéales de l'esprit pour penser juste. Ces lois peuvent être tilisées soit : a) comme règles qui nous servent à faire des jugements t des raisonnements valides ; et, alors, la Logique est Vart de bien penser ; - b) comme moyen pratique pour discerner les jugements et les raisonements corrects de ceux qui ne le sont pas ; et, à ce titre, la Logique est art de la critique. On peut donc dire après Bacon : « De même que la lain est l'instrument des instruments, ainsi la Logique est l'art des rts. »

Conclusion : la Logique est donc tout ensemble une science et un rt. Mais il ne faut pas trop presser cette distinction, car, d'un côté, Dute science est susceptible d'aboutir à des applications pratiques ; t, d'un autre côté, tout art, digne de ce nom, doit pouvoir rendre ompte des règles qu'il donne pour atteindre un but déterminé. En unisant les deux points de vue, on peut définir la Logique : la science des ns idéales de la pensée et Vart de les appliquer correctement à la démonstraon ou au discernement de la vérité.

D'ailleurs, l'art plus ou moins spontané est, en toutes choses, antéeur à la science ; la pratique devance la théorie. C'est ainsi que les ommes n'ont pas attendu, pour raisonner correctement, qu' Aristote it formulé les lois du syllogisme.

Remarque : c'est à Aristote que revient l'honneur d'avoir fondé i Logique comme science, dans cet ensemble d'ouvrages nommé "Opy'^^ov, >Q mot Logique (Xo'yoç, raison) convient bien à la science de la preuve ; lais il n'est pas employé dans ce sens par Aristote. Ses disciples, les éripatéticiens, employaient le mot Analytique, emprunté au titre des eux principaux ouvrages de r^Opyavûv, où Aristote traite précisément u syllogisme et de la démonstration. Les Épicuriens adoptèrent le lot Canonique (xavcov, règle) ; ce furent les Stoïciens qui mirent en rculation le mot Logique pour signifier la science du raisonnement.

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