DIVISION DE LA. LOGIQUE
doit-on diviser en deux catégories les règles que la pensi-e doit suivre pour arriver à la vérité.
Les unes sont universelles : elles s'appliquent indistinctement à toiis les objets de la connaissance. Indépendantes du contenu de la pensée, elles ne résultent que de sa forme, c'est-à-dire de la manière de penser.
Les autres sont plus ou moins particulières : elles varient avec les divers objets auxquels l'esprit s'applique. Par conséquent elles dépendent surtout des objets de la pensée, c'est-à-dire de la matière de la connaissance. Ce n'est pas de la même façon que procèdent le mathématicien, le physicien, le psychologue, l'historien ou le sociologue. Mais tous doivent cependant respecter, dans leurs observations et leurs raisonnements, certaines règles essentielles à toute pensée, sous peine de tomber dans la contradiction. Tel est le fondement des divisions de la Logique.
B) Division : I. — Logique formelle ou générale : ainsi appelée parce qu'elle considère la fonne môme, c'est-à-dire les opérations de la pensée, en faisant abstraction de tout contenu particuher. On peut la définir : V accord de la pensée avec elle-même ; ou la science d'être cohséquent avec soi-même, la science des conditions générales de la vérité. Elle est fondée en effet sur les principes premiers d'identité et de contradiction. Il résulte de ces principes :
1° Que tout ce qui est identique à ce qui a été déjà pensé est nécessairement vrai, si ce qui a été déjà pensé est lui-même supposé vrai. Toute idée, tout jugement et tout raisonnement, dans ce cas, représentent à l'esprit des nécessités.
2° Que tout ce qui est contradictoire est nécessairement faux. Toute idée, tout jugement et tout raisonnement, dans ce cas, représentent à l'esprit des impossibilités.
3° Que tout ce qui n'est ni identique, ni contradictoire à une vérité présupposée, n'est ni nécessairement vrai, ni nécessairement faux. Toute idée, tout jugement et tout raisonnement, dans ce cas, représentent à l'esprit de simples possibilités (^).
Les règles formulées par la Logique formelle dérivent donc de l'essence de la pensée et sont la condition jfremière des opérations intellectuelles. Elles sont universelles, c'est-à-dire valables pour tous les esprits et pour tous les cas ; elles sont relativement a priori, parce que, ne supposant que la connaissance de l'esprit humain, elles n'exigent pas la notion préalable des objets particuhers que l'on veut étudier.
IL — Logique matérielle, spéciale ou appliquée : ainsi nommée parce qu'elle envisage la pensée dans ses rapports avec les objets variés qui forment sa matière et conséquemment établit les règles différentes que l'esprit doit apphquer aux divers ordres de connaissances. On peut la
(M E. BoiRAC, Logique, Ch. I, 2.