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UNITÉ DE LA VIE PSYCHOLOGIQUE

sensibilité, fait son devoir ou s'y dérobe. Exemple : je délibère pour savoir si je dois aller me promener ou rester à la maison pour faire ma dissertation. « Otez l'intelligence, dit Rabier, l'homme est aveugle ; ôtez la sensibilité, il est inerte ; ôtez la volonté, il est esclave et impuissant (^). )■

IL — Unité d'action : ces trois facultés contribuant à la réalisation d'une même fin, sont par suite, ordinairement, engagées ensemble dans chacun de nos actes. Si on analyse les faits de résolution^ A'' attention, de passion, on verra que ce sont des phénomènes complexes, attribués spécialement à une faculté : la résolution à la volonté, l'attention à V intelligence et la passion à la sensibilité ; mais en réahté ils sont produits par le concours plus ou moins marqué de toutes les énergies de l'âme.

Une résolution est un acte de volonté, mais cet acte implique, comme conditions préalables, des idées (idées du but et des moyens, — motifs ou raisons d'agir) fournies par Yintelligence, et des mobiles d'action (attraits et répugnances) qui viennent de la sensibilité.

L'attention est surtout un acte d'' intelligence ; mais l'intelligence n'est rendue attentive que par le commandement de la volonté qui Vappliqae à telle étude, et par l'influence d'un sentiment, (vg. joie qu'apporte le travail intellectuel) ou d'un désir (vg. de surpasser ses condisciples).

Dans la passion, la part principale revient à la sensibilité ; mais, comme dit Bossuet, « la passion a souvent beaucoup de réflexion et de raisonnement mêlés » (vg. calculs égoïstes de l'avare, de l'ambitieux...), et elle ne se développe qu'avec la connivence de la volonté {b^, §11). Il résulte de ces analyses que les trois grandes fonctions psychologiques proviennent d'une seule et même activité, tantôt attirée ou repoussée par les choses (sensibihté), tantôt tâchant de les connaître (intelligence), tantôt enfin s'efforçant de les maîtriser (volonté), car nous avons constaté que les trois facultés de l'âme sont solidaires dans leur exercice et se compénètrent dans les mêmes actes.

III. — Unité de conscience : cette harmonie des fonctions psychologiques n'est possible que parce que ces diverses fonctions sont unies dans une même conscience. Autrement, pas d'entente, et partant pas de collaboration possible.

Conclusion : ces trois fonctions, unes dans la fin, dans l'action et dans la conscience, constituent, en réalité, u?i seul et même être, un même moi. C'est seulement par abstraction qu'on les sépare de l'âme.

(*) Rabier, Leçons de Philosophie, I. Psychologie, Ch. vni, p. 87.

L'histoire de la philosophie nous offre diverses classifications des faits psychologiques et des facultés de l'âme. Voici les principales :

I. — Phitbn (1) : distingue dans l'âme trois parties : 1» la raison, (Xo'yoç, voîiç), principe des idées, qu'il place dans la tête ; — 2" V appétit supérieur (Ou[jio<;), principe des passions généreuses (colère, courage), qu'il place dans le cœur et qu'il compare à un lion; — 3° V appétit inférieur (ETiiOufjiia), qu'il place dans le ventre et qu'il compare à une hydre à cent têtes ; c'est le principe de Vopinion (connaissance relative des choses sensibles) et de Vamour terrestre (qui s'attache aux biens apparents).

Critique : Platon semble introduire dans l'homme trois âmes, en assignant à chacun des trois principes, dans lesquels il divise l'âme, une place distincte (tête, cœur, ventre). — De plus, on ne trouve pas mentionnée la volonté libre.

II. — Aristote C^) : distingue quatre facultés dans l'âme : l*' puissance nutritive ou végétative. — 2° Puissance motrice. — 3° Puissance sensitive. — 4° Puissance raisonnable.

Critique : nous avons vu (8, II, B) que la puissance motrice n'est pas une faculté spéciale : le pouvoir moteur est inhérent à tout phénomène psychologique. — La volonté n'est pas exphcitement indiquée.

III. — Les Scolastiques et Bossuet (^) : ils distinguent dans l'âme deux sortes d'opérations : I. Les opérations sensitives ou inférieures, immédiatement liées à la vie physiologique, nous sont plus ou moins communes avec les animaux ; — II. Les opérations intellectuelles ou supérieures, ne dépendant pas immédiatement de l'organisme, sont propres à Vhomme. Les unes et les autres se subdivisent, suivant leur objet, qui est le vrai ou. le bien, en opérations cognitives ou appétitives (de appetere, tendre vers) :

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