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UNITÉ DE LA VIE PSYCHOLOGIQUE

Il est légitime de ramener les phénomènes psychologiques à trois facultés : sensibilité, intelligence, volonté (9). Mais ces trois facultés ne sont pas trois puissances substantiellement distinctes, sans liaison ni communication entre elles. Il y a en nous une seule vie psychologique, dont les éléments sont intimement associés ; la sensibilité, l'intelligence et la volonté ont entre elles une étroite solidarité, parce qu'elles concourent à une même fin, résultent d'une même activité se déployant dans tous nos actes et sont contenues dans une même conscience :

I. — Unité de fin : les fonctions spirituelles sont unes, en ce que toutes servent (ïabord à la conservation de l'individu et de l'espèce ; ensuite et surtout à l'accomplissement de notre destinée morale. Pour atteindre sa fin, l'homme dispose d'une force hbre : la volonté. Mais cette force pour ne pas agir en aveugle, doit être éclairée : c'est la fonction de l'intelligence, qui lui montre le but à atteindre et les moyens d'y parvenir. ■ — Cette force a besoin en outre d'être excitée à poursuivre sa fin : c'est le rôle de la sensibilité, dont les impulsions, attraits ou répugnances, stimulent la volonté. Bref, l'intelligence montre le but à atteindre ; la sensibilité excite à le poursuivre ou à s'en éloigner ; la volonté, ainsi éclairée et stimulée, décide, cède ou résiste aux entraînements de la

(') BossuET, De la connaissance de Dieu et de soi-même, Ch. i, § 20. — « D'après un système aujourd'hui fort répandu, il n'y a pas de distinction réelle entre l'âme et ses facultés, ni même entre l'âme agissante et ses actes ; il ne s'ensuit pas néanmoins que ces facultés soient identiques entre elles, car assurément l'intelligence n'est pas la volonté ; ni que les actes se confondent, car la pensée n'est pas l'amour ; considérées dans leurs rapports mutuels, les puissances diffèrent, et, à plus forte raison, les opérations qui en émanent, tandis que, comparées à la substance de l'âme, elles sont avec elle une seule et même chose. »

(A. Matignon, La question du surnaturel..., P. I, Ch. XI. p. 200-201, Paris 1863».)

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