B. — QUALITÉS DE LA DÉFINITION LOGIQUE
Une bonne définition logique doit être :
I. — Réciproque : on doit pouvoir remplacer le sujet par l'attribut et l'attribut par le sujet : vg. l'homme est l'animal raisonnable = l'animal raisonnable est l'homme. C'est une conséquence de la première règle {omni et soli) : l'analyse de l'idée étant intégrale, il y a identité totale entre le sujet et l'attribut ; on peut conséquemment les remplacer l'un par l'autre. Il n'en est pas ainsi dans les propositions simplement vraies, parce que dans ce cas l'identité n'est que partielle.
II. — Courte : elle le sera si on la réduit au genre prochain et à la différence spécifique. — Le genre prochain étant indiqué, il est inutile d'énumérer les genres supérieurs, puisqu'il les enveloppe et les présuppose (Ps. 138).
Étant donnée la différence spécifique, il est :
a) Superflu d'énoncer les propriétés d'un être, puisqu'elles découlent nécessairement de l'essence. Ainsi, à la définition : l'homme est un animal raisonnable, il n'est pas besoin d'ajouter : libre, capable de parler, de rire.
b) Illogique d'énoncer les accidents, car ils sont en dehors dé l'essence des choses. L'essence des choses subsiste malgré leur absence. Il ne faut pas dire : vg. l'homme est un animal raisonnable savant, parce que la science peut être absente, sans qu'on cesse d'être homme.
III. — Claire : autrement elle aurait elle-même besoin d'être définie. La clarté sera la conséquence de l'observation des deux règles fondamentales.
(') « L'essence d'une chose n'est pas tout ce qu'elle est, mais seulement ce qu'elle ne peut pas ne pas être ». (Ravaisson, La métaphysique d'Aristote, T. I, p. 512).