LIBERTÉ DES DÉFINITIONS
vg. Vhomme est Vanimal raisonnable. Cette définition ne fait que répéter sous une forme développée ce que le mot homme dit d'une façon résumée (^).
Réponse : autre chose est que l'homme soit en réalité un animal raisonnable ; autre chose qu'on le sache. Or le progrès dans la connaissance scientifique consiste précisément à passer de l'idée confuse à l'idée distincte ; on ne peut donc appeler cette opération tautologique.
IL — Les définitions sont toutes réelles : d'autres font remarquer qu'on ne peut préciser le sens d'un mot sans indiquer l'idée attachée à ce mot et conséquemment la chose qu'elle rappelle. C'est pourquoi ils ramènent la définition verbale à la définition réelle.
Critique : au fond cette remarque est fondée. Mais on peut, pour la commodité, continuer d'appeler nominale la définition incomplète qui n'indique que le sens usuel ou arbitraire qu'on donne aux mots.
III. — Toutes les définitions sont des définitions d'idées : à parler rigoureusement, toute définition, qu'on l'appelle nominale ou réelle, se ramène à l'analyse d'une idée. En effet, définir une chose., ce n'est pas la définir elle-même telle qu'elle est, puisque les réalités objectives sont individuelles et conséquemment indéfinissables (11, § B,2o) ; c'est indiquer les caractères essentiels qui constituent la compréhension de son idée générale. — Définir un mot., ce n'est pas en déterminer le son, mais en préciser le sens, c'est-à-dire l'idée que V usage ou la volonté de celui qui parle attache à ce son.