‹ Traité de philosophieChapitre 557 sur 921 · LIBERTÉ DES DÉFINITIONS · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DES DÉFINITIONS

vg. Vhomme est Vanimal raisonnable. Cette définition ne fait que répéter sous une forme développée ce que le mot homme dit d'une façon résumée (^).

Réponse : autre chose est que l'homme soit en réalité un animal raisonnable ; autre chose qu'on le sache. Or le progrès dans la connaissance scientifique consiste précisément à passer de l'idée confuse à l'idée distincte ; on ne peut donc appeler cette opération tautologique.

IL — Les définitions sont toutes réelles : d'autres font remarquer qu'on ne peut préciser le sens d'un mot sans indiquer l'idée attachée à ce mot et conséquemment la chose qu'elle rappelle. C'est pourquoi ils ramènent la définition verbale à la définition réelle.

Critique : au fond cette remarque est fondée. Mais on peut, pour la commodité, continuer d'appeler nominale la définition incomplète qui n'indique que le sens usuel ou arbitraire qu'on donne aux mots.

III. — Toutes les définitions sont des définitions d'idées : à parler rigoureusement, toute définition, qu'on l'appelle nominale ou réelle, se ramène à l'analyse d'une idée. En effet, définir une chose., ce n'est pas la définir elle-même telle qu'elle est, puisque les réalités objectives sont individuelles et conséquemment indéfinissables (11, § B,2o) ; c'est indiquer les caractères essentiels qui constituent la compréhension de son idée générale. — Définir un mot., ce n'est pas en déterminer le son, mais en préciser le sens, c'est-à-dire l'idée que V usage ou la volonté de celui qui parle attache à ce son.

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