SYLLOGISMES IRRÉGULIERS
I. — Enthymème (sv Ou|ji.w), Tune des propositions reste dans Vesprit) (^) : syllogisme dans lequel l'une des prémisses est sous-entendue, vg. Vous êtes juge. Donc vous devez écouter. — Ce vers de la Médée d'Ovide : « Je t'ai pu conserver, je pourrai donc te perdre. »
Parfois même l'argument est réduit à une seule proposition : vg. ce vers de la Médée de Sénèque, qui veut prouver à Jason qu'il est coupable de tous les crimes qu'elle a faits pour lui : « Celui à qui sert le crime en est coupable (^). » Il manque à cet enthymème la mineure et la conclusion :
Celui qui laisse faire le crime et s'en sert en est coupable ;
Or Jason m'a laissé faire le crime et s'en est servi ;
Donc Jason est coupable.
II. — Épichérème (l7rr/£ip-/iy.a, effort, tension) : syllogisme dans lequel l'une des prémisses ou toutes les deux sont accompagnées de leurs preuves (^). On peut ramener la Milonienne à l'épichéréme suivant :
Tout assassin mérite la mort, car la loi naturelle et toutes les législations le démontrent ;
Or Clodius est un assassin, car les témoins, sa conduite, tous ses apprêts le prouvent ;
Donc Clodius mérite la mort.
(') Pour Aristote Venihymème est le syllogisme qui tire ses conclusions de vraisemblances ou de signes (Premiers Analytiques, L. II, C. xxix § 2). Il dérivait ce mot non de |v Oup.oj, mais de IvôuaeifrOat (chercher par la pensée), parce que, pour lui, l'enthymème est l'opération de l'esprit cherchant dans une question ce qui est vraisemblable.