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SYLLOGISMES IRRÉGULIERS

III. — Polysyllogisme : suite de syllogismes tellement enchaînés qu( la conclusion du premier devient une prémisse du second. On appelle k premier prosyllogisme, le second épisyllogisme ; vg. :

— Ce qui est simple ne peut se dissoudre ; Or l'âme est simple ;

Donc l'âme ne peut se dissoudre.

■ — Ce qui ne peut se dissoudre est incorruptible ;

Or l'âme ne peut se dissoudre ;

Donc l'âme est incorruptible.

— Ce qui est incorruptible ne périt pas avec le corps ; Or l'âme est incorruptible ;

Donc l'âme ne périt pas avec le corps.

IV. — Sorite (iwpo;, tas) : il désignait chez les anciens le sophisme d'EuBULiDE, disciple d'EucLiDE, de l'école mégarique, sur le tas de blé (^). C'est un polysyllogisme abrégé, dans lequel les conclusions intermédiaires sont supprimées. Comme le polysyllogisme, il est :

Progressif, quand la conclusion de chaque syllogisme sert de majeure au syllogisme suivant ;

Régressif, quand elle sert de mineure.

Dans le sorite progressif, les propositions sont disposées de telle sorte que le sujet de la première devient l'attribut de la seconde, le sujet de la seconde attribut de la troisième, etc., jusqu'à la conclusion, dont l'attribut est l'attribut de la première proposition, et dont le sujet est le sujet de r avant-dernière ; vg. :

Tout vertébré a le sang rouge, Tout mammifère est vertébré, Tout carnassier est mammifère, Tout félin est carnassier Donc tout féhn a le sa?ig rouge.

Dans le sorite régressif, les propositions sont liées l'une à l'autre de telle façon que l'attribut de la première devient le sujet de la seconde, l'attribut de la seconde sujet de la troisième, etc., jusqu'à la conclusion, qui a pour sujet le sujet de la première proposition et pour attribut l'attribut de l'avant-dernière.

Sorite du renard de Montaigne {^) :

(M Voici ce syllogisme : Tn grain de blé fait-il un tas ? — Non. — Et deux grains de blé ? — Non. — Et trois ? — Pas encore. Le sophiste insiste en ajoutant toujours un grain de blé, pour forcer l'adversaire à convenir ou que mille grains de blé ne font pas un tas, ou qu'un tas de blé est déterminé par un seul grain.

("-) Essai?, L. II, ch. xii. Édit. F. Strowski, T. II, p. 169.

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