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MODES ET DEGRÉS DE L^CTIVITÉ

I. Définitions : l*' Puissance : faculté de recevoir ou d'agir ; elle est par conséquent double : passive ou active.

2° Passivité : faculté de recevoir ou de subir une modification. La puissance passive implique une pure capacité, une réceptivité : vg. l'énergie latente qui est dans les corps au repos, la statue dans le bloc de pierre, la science chez l'entant sont en puissance.

30 Activité : pouvoir de produire quelque chose, d'être cause d'effet. Uacte est Vexercice, le terme de la puissance active, vg. la pensée est l'acte de l'intelligence ; la statue réaUsée est le terme de l'activité du sculpteur.

— Il y a, entre l'acte et la puissance, la même différence qu'entre Vactuel et le potentiel.

40 Inertie : impuissance des corps à se donner à eux-mêmes le mouvement ou à modifier le mouvement reçu ; ce n'est donc pas l'absence totale d'activité, mais l'indifférence au repos comme au mouvement.

— L'inertie est opposée, non à l'activité en général, mais à la spontanéité.

b'^ Spontanéité : pouvoir de se mouvoir soi-même. Le principe du mouvement est interne : c'est la caractéristique de la vie.

6° Vie : activité intérieure par laquelle l'être se meut lui-même. L'être inerte, inanimé, reçoit au contraire le mouvement du dehors.

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II. — Dieu et les créatures : « L'activité, dit saint Thomas, est la conséquence de l'existerfce. » Leibniz a dit de son côté : « Être, c'est agir. )) Il suit de là que le degré d'actwité marque la place qu'un être doit occuper dans l'échelle des êtres. Dieu seul est, comme l'avait déjà compris Aristote (^), acte pur, c'est-à-dire sans mélange de passivité ; en Lui, rien ne peut être, tout est ; rien n'est potentiel, tout est actuel, in actu, comme disent, les Scolastiques. — Dans toute créature, au contraire, il y a mélange de puissance et d'acte, il y a passage de la puissance à l'acte : tout être- créé n'est pas, il devient, il se fait. Le monde est dans un perpétuel devenir. Par exemple, j'ai la puissance de connaître ou de vouloir une chose, sans pour cela la connaître ou la vouloir toujours actuellement. Toute chose créée est donc une puissance active mêlée de passivité. Pour produire son acte, elle a besoin d'une excitation qui lui donne l'impukion, qui la fasse passer de la puissance à l'acte. Tout être est donc actif à quelque degré, mais non de la même manière, ni au même degré.

III. ■ — Modes et degrés de l'activité dans les êtres créés :

A) Activité de l'être inanimé {minéral) : elle est mécanique, privée de toute spontanéité ; la réaction est égale à V action ou impression reçue : vg. quand un corps meut un autre corps, la quantité du mouvement acquis d'une part est toujours équivalente à la quantité du mouvement disparu de l'autre. Eïe se manifeste par la cohésion, l'élasticité, etc.

B) Activité de l'être vivant : dans l'être inanimé, le principe du mouvement est externe ; le minéral ne se meut pas, il est mû. Ce qui caractérise la vie, c'est la spontanéité : chez le vivant, le principe du mouvement est interne : le vivant se meut lui-même ; la réaction est ordinairement bien supérieure à l'impression reçue : vg. dans le phénomène de la germination, l'action des forces physico-chimiques sur le germe est extérieurement la même que sur un minéral quelconque de même grosseur. Mais il n'y a aucune proportion entre cette action et l'effet produit, à savoir le développement d'un être animé d'après un type déterminé. Il suffit de comparer un grain de sable et un grain de blé. — Voici Vordre hiérarchique de l'activité de l'être vivant :

1"^ Plante (végétal) : la spontanéité est à son plus bas degré ; les fonctions essentielles de la vie végétative sont : la nutrition — la croissance — la reproduction.

2° Animal : outre ces facultés qui lui sont communes avec la plante, l'animal a trois grands moyens de communication avec ce qui l'entoure : les appétits (= instincts), la sensatiofi et la faculté locomotrice. Ce qui caractérise la vie animale ou scnsitive, c'Qst la connaissance sensible. -^

(M " Aristote... explique Dieu par l'acte pur, l'acte éternel de l'intelligence. » ( J. Barthélemy-Saint-Hilaire, Métaphysique d'Arisiote, T. I, p. xcix).

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