C. — AVANTAGES ET BIENEAITS DE LA SCIENCE
La science a de nombreux avantages. Elle permet de : ï. — Comprendre et expliquer les choses. — Comprendre une chose, l'expliquer, c'est indiquer sa raison d'être. Or la science nous fait connaître les raisons des choses, puisqu'elle nous fait découvrir leurs principes, leurs causes et leurs lois. Ainsi une proposition géométrique est expliquée quand on sait le principe d'où elle dérive et la démonstration qui la rehe à ce principe. Un phénomène physique ou biologique est expliqué quand le physicien ou le naturaliste peut indiquer la cause qui le produit et la loi d'après laquelle cette cause opère. Une loi secondaire est expliquée quand le savant peut la rattacher à une loi supérieure d'où elle découle.
II. — Prévoir les phénoïnènes. — Les lois étant les rapports constants et invariables qui rehent les antécédents aux conséquents, le savant peut prédire avec certitude l'apparition d'un phénomène : vg. une échpse. Cette prévision n'est certaine que s'il s'agit de causes fatales, parce qu'elles sont unilatérales. Elle est plus ou moins probable, s'il s'agit de causes libres, parce qu'elles sont bilatérales : vg. conjectures des diplomates (Ps. 207, § B).
III. ■ — Agir sur la nature. — Sans doute, en soi, la science est théorique et le savant, comme tel, ne se préoccupe pas de rutihté pratique de ses découvertes. Mais tôt ou tard les vérités spéculatives trouvent leu
C) Balmès, Art d'arriver au vrai, Cli. xvi, § 7. Traduct. (I'Ed. Manec, p. 181-18 Paris 1866«.
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application. C'est pourquoi savoir c'est non seulement comprendre et prévoir ; c'est encore pouvoir dans une certaine mesure. Bacon va trop loin quand il dit sans restriction que « la science et la puissance coïncident ». Scicntia et potentia hiimana in idem coincidimt (^). Il ne suffit pas en effet de connaître la cause d'un mal pour le guérir ; il faut en outre avoir prise sur cette cause. Il reste vrai cependant que la puissance de l'homme sur la nature se mesure à l'étendue de sa science, car pour produire ou empocher un phénomène il faut d'abord connaître sa cause, comme le dit encore Bacon, mais sans rien exagérer : Quod in eonlemplatione instar causse est, id in operatione instar regiilse est. Bref, la science permet de pourvoir aux besoins de la vie, en faisant des causes connues les dociles instruments de notre action. A. Comte a tout résume dans cette formule : « Science, d'où prévoyance ; prévoyance, d'où action (^) » ; ou en d'autres termes : Savoir pour prévoir, afin de pourvoir.
Conclusion : ces applications bienfaisantes ne sont que le but secondaire de la science. Sa fin ç'éritable, c'est de satisfaire le désir de connaître, c'est la possession de la vérité. La science est, de sa nature, spéculative. C'est pourquoi Aristote (^) a pu dire, sans paradoxe, qu'une science est d'autant plus excellente qu'elle est moins utile. Tel est surtout le cas de la Philosophie et des Mathématiques ("*).