ORIGINE ET DISTINCTION DES SCIENCES
La science parfaite, synthèse de toutes les sciences particulières, serait la connaissance universelle et adéquate de l'univers. C'est le privilège de Dieu. L'homme, ne pouvant y atteindre, est contraint de diviser ses connaissances pour les préciser et les ordonner : de là sont nées les sciences particulières. Il n'y eut d'abord qu'une seule science ayant pour objet l'universalité des choses ; les premiers savants la nommèrent la sagesse, ryooîrj, ; mais Pythagore, plus modeste, l'appela philosophie, l'amour de la sagesse ou du savoir.
Peu à peu les sciences particulières s'en dégagèrent. Les Mathématiques furent les premières à s'attribuer un domaine indépendant. — Il faut traverser ensuite l'antiquité, le moyen âge et une partie des temps modernes pour trouver une nouvelle science, la Physique, qui commence à se détacher de la philosopliie. Les grands physiciens du xvii^ siècle, Galilée. Descartes, Pascal, Newtox sont encore de grands philosophes. Ce n'est que vers la fin du xviii^ siècle que la Physique eut sa méthode propre. — Puis c'est la Linguistique ou Philologie comparée qui se constitue après la découverte du sanscrit. — C'est ensuite la Chimie, la Physiologie, etc. A mesure que progresse la précision des analyses, chacune de ces sciences tend à se subdiviser elle-même en sciences spéciales.
Tout en restant distinctes, les sciences se compénètrent et se prêtent im mutuel appui : vg. il y a des questions de Physique qui relèvent de la JNIécanique (Thermo-dynamique), de la Chimie (Thermo-chimie), de la Physiologie (Optique, Acoustique). — Les mouvements réflexes ressortissent à la Physiologie et à la Philosophie. — L'Histoire et la Géographie se font de continuels emprunts. • — La Médecine doit faire appel à la Physique et à la Chimie.