HIÉRARCHIE DES SCIENCES
Les classifications des sciences montrent qu'il existe une dépendance entre les diverses sciences. On entend précisément par hiérarchie des sciences l'ordre véritable de leur subordination. Le principe de subordination est difficile à trouver ; on accepte généralement celui mis en avant par Comte et Spencer : l'ordre de complexité croissante et consé-
596 PHILOSOPHIE des sciences (47)
quemment de généralité décroissante. Mais il ne faut pas l'entendre dans un sens matérialiste et dire que les phénomènes de la vie sont réductibles aux phénomènes physico-chimiques. Ce qui est vrai c'est que les sciences morales supposent la connaissance des phénomènes biologiques, car les phénomènes psychologiques sont en partie conditionnés par eux ; de môme les sciences biologiques supposent la connaissance des phénomènes physico-chimiques, car les phénomènes vitaux sont partiellement conditionnés par eux ; enfin les sciences physiques supposent la connaissance des mathématiques, parce que les phénomènes physico-chimiques sont soumis aux lois du nombre et du moiys-ement. Les sciences les plus élevées supposent donc les connaissances fournies par les sciences inférieures : la physique serait impossible sans les mathématiques, la chimie sans la physique, la biologie, sans la chimie, les sciences psychologiques et sociales sans la biologie. Il s'en suit cette appHcation pédagogique pour la culture des sciences {^) : c'est l'ordre dans lequel elles doivent être logiquement étudiées, car cette classification reproduit aussi l'ordre de leur difficulté.
Remarque : on entend encore quelquefois par hiérarchie des sciences Vordre de dignité ; en ce sens les sciences psychologiques, sociales et métaphysiques occupent le premier rang.