SENS TRÈS GÉNÉRAL
Les théories qui regardent Tensemble des sciences et qu'aborde la })hilosophie des sciences comprise dans son sens le plus large, peuvent se ramener à cinq })rincipales :
L — Nature de la science : c'est la philosophie qui détermine la nature de la science, ses conditions, ses classifications, (39-45).
IL — Certitude : c'est la philosophie qui étabUt le fait de la certitude dont toute autre science suppose l'existence (Livre III, Ch. i).
III. — ^ Notions et principes premiers : c'est la philosophie qui donne aux sciences : a) les notions qui leur sont communes : les notions d'être, cridentité. d'unité, de raison, de loi ; — et è) les principes qu'AïusTOTE
(') Pv. TllA^[i^^ Éducation si Po.sitivismt\
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î])pelle aussi comiiiuiis : les principes d'idenliLé ou do raison. (Ps. 1G2 ; 159, 160).
IV. — Méthodes : il faut ù clmque science une méthode spéciale, adaptée à son objet particuher. Quel est le fondement de chacune de ces méthodes ? Quels sont leurs caractères ? Quelle est leur légitimité ? (autant de questions auxquelles les sciences particulières ne donnent pas de réponse. Pour le faire, il faut avoir analysé l'esprit humain, ,'onnaître les lois de la pensée en elle-même et dans ses rapports avec la réalité. Or ce travail est l'œuvre de la Psychologie et de la Logique.
V. — Coordination des résultats généraux : chaque science aboutit à certaines vérités générales, en rapport avec son objet propre. Mais le monde est un et l'esprit cherche à découvrir cette unité. Aussi, au-dessus ies sciences particulières qui fragmentent l'unité de l'univers, il y a place pour une science supérieure : s'appuyant sur les résultats certains auxquels chaque science est arrivée dans son domaine spécial, elle a pour but de condenser dans une ample synthèse leurs vérités isolées et [le parvenir ainsi aux plus hautes généralités scientifiques et à la complète LHiification du savoir. Aucune science particulière ne s'occupe de ce travail synthétique ; on conçoit donc une science des sciences, qui coordonne toutes nos connaissances et les organise en un vaste système, où tout s'enchahie ; et cette science des sciences c'est la philosophie. C'est môme à ce rôle d'' unification des différentes sciences que Comte (^) et Spencer {^) veulent borner la philosophie ; car pour le premier c'est !a Systématisation des sciences ; il lui donne pour objet unique de montrer les liens de coordination et de subordination qu'ont entre elles les différentes sciences ; le second dit dans un sens analogue : « La philosophie c'est le savoir complètement unifié. » C'est à tort puisque :a philosophie a un objet beaucoup plus étendu : la connaissance lu monde, de l'âme, de Dieu et de leurs rapports. D'ailleurs les cinq !,héories fondamentales, qui constituent la philosophie des sciences, mpposent la connaissance de l'esprit humain et la considération des premiers principes, c'est-à-dire la Psychologie et la Métaphysique (■^).
(') A. Comte, Cours de philosophii: positive, i"' Leçon.
(■-) H. Spencer, « La connaissance de l'espèce la plus humble est le savoir non unifié ; a science, le savoir partiellement unifié ; la philosophie, le savoir complètement unifié. » Xes premiers principes, P. II, Ch. i, § 37, T. I,- p. 140.)
(') Voici quelques ouvrages se rapportant à la philosophie scientifique : F. B.-vcon, De dignilate et augmentis scientiarum. Noimm Organum. — A. -M. Ampère, Essai sur la Mlosophie des sciences. — A. Comte, Cours de philosophie positive. — Cl. Bernard, Introtuction à l'étude de la médecine expérimentale. — ■ Cii.-L. de Freycinet, Essais sur la )hilosor)hie des sciences.